Favoriser la rêve’olution africaine par la voie de la souplesse

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Le monde est en constante évolution, tout change et se transforme, au-delà même de ce qui était imaginable encore très récemment. L’esprit humain, tel un génie libéré de sa lampe, va de conquêtes en conquêtes et d’innovations en innovations. Dans cet océan de bouleversements, trois éléments-clés demeurent prépondérants pour notre jeunesse africaine : l’énergie, la passion et l’imagination. Autant d’atouts dont nous regorgeons.

Ce qu’il nous faut avant tout, c’est apprendre à apprendre, par le biais, notamment, de ce que j’appelle des « ateliers rêve’olution », ou comment appréhender la fluidité et l’adaptabilité en tant que disciplines et modeler nos connaissances en fonction des besoins. Ces ateliers permettraient des mises à jour permanentes et utiles sur les progrès techniques actuels, et sur certains enjeux locaux, notamment en favorisant l’accès à l’entreprenariat. Il s’agirait ainsi de montrer les opportunités en exposant les besoins. Ces ateliers pourraient être itinérants, et réalisés à grande échelle, tout en restant à faible coût, par exemple grâce aux MOOC. Finis les cursus figés et rigides, nous devons nous concentrer sur l’essentiel : apprendre à apprendre, inventer, détourner et combiner les savoirs… telle est la voie de la souplesse.

Alors, comment développer les terrains créateurs de valeur de demain ?

D’abord, en améliorant la production alimentaire moderne (hydroponie, aquaculture, fermes urbaines, etc.) afin de produire partout et à moindre coût. L’objectif étant de changer les bouches à nourrir en bras travailleurs et en cerveaux créateurs. Plusieurs métiers seront ainsi créés autour de la maintenance, du monitorage et du traitement des données, des objets connectés… L’imprimante 3D, encore balbutiante, va, dans un avenir plus si lointain, révolutionner l’industrie. Être en mesure de fabriquer les pièces dont nous avons besoin juste en téléchargeant les spécifications techniques sur Internet sera un tournant majeur qui changera l’entrepreneuriat à tout jamais, en le démocratisant encore plus.

Ensuite, en établissant le lien entre la technique moderne et les populations âgées ou rurales, tels ces jeunes qui offrent aujourd’hui leurs services en matière d’installation et de maintenance des applications mobiles aux vendeuses sur les marchés de Lomé, ou encore ces nombreux enseignants dont le smartphone leur sert de ressources de formation. Là encore, la technique permet à l’enseignement et à la transmission de se démocratiser.

Enfin, en décongestionnant les villes, pour investir de nouveaux espaces, notamment ruraux. Cette « re‑ruralisation » permettra de diffuser massivement les outils de la modernité technique sur le continent. Ce majeur tournant structurel et technique, voire civilisationnel, constitue la clé de voûte du progrès. La masse de richesses, de valeur et d'emplois nouveaux qui en résultera est absolument gigantesque.

Le chantier est immense et les défis nombreux. La jeunesse africaine, passionnée et pleine d'énergie, les prendra à bras le corps. Car plus encore que de faire face à demain, il s’agit de l’inventer, de le rêver et de le façonner. L’Afrique nous attend : célébrons sa jeunesse bâtisseuse et sa rêve’olution.

Auteurs

Ayi Renaud Dossavi-Alipoeh

Lauréat du concours BLOG4DEV 2019 au Togo

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