Les jeunes Africains et leur avenir sur le marché de l’emploi

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Avec l’accélération des avancées technologiques, il ne fait aucun doute que demain, de nombreux emplois seront occupés par des machines. En fait, nous en observons déjà des manifestations puisque nous voyons des ordinateurs accomplir des tâches qui autrefois étaient effectuées par des personnes.

Ce revers du progrès technologique est une menace envers le monde entier, et l’Afrique risque d’en pâtir, tout particulièrement la jeunesse du continent. De fait, les Africains souffrent déjà de la tendance actuelle. On peut citer plusieurs problèmes, comme le manque d’emplois, de compétences et de connaissances, mais aussi l’incapacité des États africains à répondre aux besoins de leur jeune population. Pour se préparer à affronter ce problème prévisible découlant des avancées technologiques, l’Afrique a besoin des éléments suivants :

Premièrement, les gouvernements doivent investir massivement dans le développement des compétences d’innovation de leur jeunesse. Nombreux sont les pays africains qui ne font pas assez d’efforts en faveur du développement des capacités dans le domaine des sciences et technologies. Il en découle que le continent est largement dépendant de l’importation de produits technologiques : radios, téléphones portables, ordinateurs, voitures, moissonneuses-batteuses... Si les Africains investissaient pour que la jeune génération apprenne à fabriquer une partie de ces équipements, cela pourrait les aider à s’assurer des emplois plus tard.

Deuxièmement, les États africains doivent se lancer dans une industrialisation massive. Le manque d’industries en Afrique est l’une des principales raisons du manque d’emplois et du fait que les pays perdent leurs jeunes et leurs matières premières au profit d’autres continents. L’Afrique doit donc reconcentrer ses efforts sur la création d’industries afin de créer des emplois en masse pour les jeunes.

Dans mon pays, la Sierra Leone, les gens mènent différentes activités à petite échelle ; le public a réclamé l'industrialisation, mais rien n’a été fait. Je me souviens d’un fabricant local de chaussures qui disait qu’il pourrait produire des bottes pour la totalité des forces de sécurité du pays, à condition de recevoir le soutien nécessaire, mais jusqu’à ce jour, il n’a vu aucun effort en ce sens. Avec le soutien de l’État, le fabricant local de chaussures serait non seulement capable de produire une telle quantité de bottes, mais aussi d’embaucher des milliers de jeunes du pays, permettant ainsi de faire baisser le taux de chômage de la jeunesse. Il y a de nombreuses autres études de cas dans les domaines de la mode, de l’agriculture, des mines, de la marine...

Par ailleurs, on ne saurait trop insister sur le besoin d’une législation correspondante. Il devrait y avoir des lois ou des politiques qui placent l’innovation, l’industrialisation et la création d’emplois au premier plan des préoccupations de tous les gouvernements. Nombre de gouvernements ne font preuve d’aucune implication dans ces domaines parce qu’ils n’ont aucune obligation légale de le faire. Il faudrait prendre à partie les dirigeants africains qui ne créent pas un certain nombre d’emplois pendant leur mandat.

En conclusion, l’Afrique, et en particulier mon pays, la Sierra Leone, a le potentiel de devenir autosuffisante. Elle pourrait créer tellement d’emplois qu’il lui faudrait faire venir de la main-d’œuvre d’ailleurs. Les points que j’ai mentionnés sont à notre portée et peuvent aider à rattraper la catastrophe que le progrès technologique risque fort de provoquer bientôt en matière d’emploi.

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