Nous, les jeunes, avons la responsabilité de proposer des solutions innovantes contre le mariage précoce

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Djeneba H. Siby, lauréate du concours Blog4Dev pour la Côte d?Ivoire Djeneba H. Siby, lauréate du concours Blog4Dev pour la Côte d’Ivoire

La Côte d'Ivoire mène d'importantes actions contre le phénomène des mariages précoces, mais la lutte contre ce fléau nécessite une véritable mise à jour.

Chaque année, environ 12 millions de filles sont mariées de force à travers le monde, et ce, dès l'âge de 8 ans. En Côte d'Ivoire, une étude réalisée en 2016 montrait que près de 40 % des jeunes filles sont contraintes de se marier avant d’avoir 18 ans. Ces filles se voient privées de leurs droits à l'enfance et à l'éducation, compromettant ainsi leurs perspectives d'avenir. Bien que ces chiffres aient considérablement baissé depuis 2018, il nous faut continuer la lutte afin de venir complètement à bout de cette pratique

En tant qu’acteurs majeurs de la nouvelle génération, nous, jeunes, avons la responsabilité de proposer des solutions innovantes en vue de mettre fin à ces pratiques.

L'État ivoirien et de nombreuses ONG mènent des actions qui, il faut le souligner, portent leurs fruits.

En effet, les campagnes de sensibilisations à travers le pays ont contribué chaque année à réduire le nombre de cas. il convient cependant de reconnaître que le taux encore élevé des statistiques témoigne des insuffisances des méthodes utilisées.

Une réelle mise à jour des stratégies et des solutions de proximité adaptées à l’évolution de notre société actuelle est nécessaire.

L'éducation étant la clé de la liberté, nous devons œuvrer à renforcer le système éducatif et mettre davantage l'accent sur la scolarisation des jeunes filles. Il faut proposer, dans les zones rurales, plus de centres d'alphabétisation et des programmes de rescolarisation des jeunes filles ayant été contraintes d'abandonner l'école.

Les initiatives de sensibilisations doivent être plus suivies et plus régulières, voire permanentes.

On pourrait, par exemple, établir des permanences d'information et de soutien en créant des cellules de prise en charge communautaires pour informer et aider plus efficacement les victimes et potentielles victimes.

Ces cellules peuvent être implantées dans les Formation de santé urbaine à base communautaire (Fsu-Com) de chaque commune et dans les centres de santé des zones rurales. Elles pourraient être gérées par des bénévoles des localités et soutenues par les différents conseils d'administration.

Les bénévoles s'attèleront à la sensibilisation en organisant des rencontres d'échanges sur le sujet afin d'informer les parents et les jeunes.

Ils pourraient également organiser des séances de formation pour les jeunes filles sur la notion de droits et sur l'éducation sexuelle.

Les cellules pourraient aussi servir de médiation entre les jeunes filles et leurs familles en cas de mariage précoce et aussi de relais entre elles et la justice au cas où la médiation n'aboutit pas.

La jeunesse d'aujourd'hui étant de plus en plus présente et active dans le numérique, on devrait créer des plates-formes engagées sur les réseaux sociaux afin d'informer les populations, les sensibiliser mais aussi de dénoncer les différents cas et mieux se faire entendre.

l'État ivoirien devrait parallèlement attribuer un numéro vert pour dénoncer les cas de mariages précoces et sanctionner sévèrement ses auteurs.

Les mariages précoces ont de nombreuses conséquences négatives sur le développement de nos différents pays. Ils contribuent à l'augmentation du taux de pauvreté car ces filles mariées de force ne parviennent pas à s'autonomiser financièrement et deviennent la plupart du temps très précaires, avec leurs enfants.

Il faut aussi penser à aider ces jeunes filles-mères à s'en sortir, soit en les formant à des métiers, soit en finançant pour elles des activités génératrices de revenus.

Plusieurs associations et ONG luttent pour l'autonomisation et la rescolarisation de la jeune fille en côte d'Ivoire. L’ONG Empowering Women in Africa (EWA) en est un parfait exemple.

Je pense que nous sommes déjà sur la bonne voie.

Chacun de nous, à son niveau, doit pouvoir mener une action, aussi minime soit-elle, dans ce sens.


Auteurs

Djeneba H. Siby

Lauréate du concours Blog4Dev Côte d’Ivoire

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