S’approprier la technologie de demain grâce au e-learning

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Rendons-nous à l’évidence : le monde se numérise dans tous les secteurs. L’Afrique aussi suit le chemin de la numérisation, mais à une vitesse bien moins vertigineuse que les autres continents, l’Europe, l’Amérique du sud, l’Asie et Australie, sans oublier le grand vainqueur de la course, l’Amérique du Nord. Sur notre continent-même, certains pays sont plus en retard que d’autres. Le fait que la République démocratique du Congo (RDC) n’ait qu’un taux de pénétration de l’Internet à 6 % montre combien tout ce qui touche au numérique a un grand retard à rattraper.

Pourtant, un fait est sans équivoque : la vitesse avec laquelle la jeunesse congolaise s’approprie la technologie androïde donne à espérer. Cette réalité montre qu’en ce siècle, l’androïde peut assurer le transfert des connaissances dans le processus de migrations de services vers le tout numérique. Le système académique, tel qu’il est aujourd’hui conçu, est figé. La non-budgétisation conséquente dans ce secteur ne permet pas de mettre à jour les programmes ni de les adapter à l’évolution technologique. À défaut d’un smartphone, la quasi-majorité des étudiants possède au moins un téléphone androïde, qu’elle peut se procurer pour la modique somme de 25 dollars. Tout comme l’étudiant achète des programmes d’études à 10 ou 20 dollars, il pourra transformer son téléphone androïde en un outil académique indispensable. À défaut d’un accès wifi sur le campus, dont le coût serait incorporé dans les frais académiques, l’achat d’un forfait Internet serait similaire aux frais engagés dans la réalisation des travaux pratiques.

Je propose ainsi la création d’une plateforme de cours en ligne à laquelle les universités devront s’affilier obligatoirement. En fonction de leurs centres d’intérêt, et dès la deuxième ou troisième année de Master, les étudiants suivront une série de cours dans leur domaine choisi, avec une formation sous forme d’un tutoriel (vidéos, textes et enregistrements audio), plus pratique que théorique. Ces cours seront par la suite sanctionnés par un examen pratique et s’inscriront dans le cursus académique choisi. Ces vidéos et enregistrements audio doivent pouvoir être téléchargeables – une connexion permettant un streaming de qualité n’étant pas garantie en RDC.

Pour gagner la confiance des universités, cette plateforme devra être affiliée à une organisation telle que l’UNESCO, en gestion commune avec le ministère de l’Enseignement Supérieur et Universitaire. D’autres universités de renom devront aussi en être des partenaires pour assurer le mentorat. Si je m’exprime avec autant de passion en faveur de ces tutoriels, c’est parce que c’est grâce à eux que j’ai appris la création et l’administration des sites web sous GMS, et que j’ai acquis la plupart de mes connaissances en matière d’ d’e-marketing et de journalisme pour la rédaction web, pendant ma dernière année de licence et après mon cursus en journalisme-multimédia.

Au final, et quels que soient les coûts induis par cette nouvelle façon d’apprendre, elle restera toujours nettement moins onéreuse que son alternative (réservée à une poignée de privilégiés en RDC), à savoir celle d’aller étudier dans les universités d’autres continents.

Auteurs

Hervé Mukulu Vulotwa

Lauréat du concours Blog4Dev 2019 en République démocratique du Congo

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