Utiliser tous les aspects numériques pour créer la nouvelle réalité de l’Afrique

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Si auparavant, la voie du progrès était tracée par un accès aux routes, aujourd’hui, le développement ne peut se concevoir sans un accès au numérique. Dans un monde de plus en plus connecté et résolument tourné vers le digital, les pays du Sud tentent de réduire la fracture numérique avec les pays du Nord. Alors, quelles peuvent être les solutions pour transmettre de meilleures compétences aux jeunes Africains afin de les aider à se préparer à l’économie numérique et aux emplois de demain ?

Pour répondre à cette problématique pertinente et d’actualité, notre argumentaire s’articulera autour de la création de campus en ligne (les e-campus), de pôles d’excellence numérique et de la mise en place de banques d’idées.

Dans son ouvrage Les enjeux éthiques d’Internet en Afrique de l’Ouest, Oumarou Tiemtoré écrit :« Si l’Afrique rate le train de l’informatique, elle ne pourra plus revenir sur les rails ». Or, face à cette situation complexe, l’Afrique peut compter sur sa population majoritairement jeune. Mais comment s’assurer que cette jeunesse possède les bons outils pour faire face au défi de ce siècle ? Les jeunes Africains doivent se former aux nouveaux métiers du digital : cette formation pourrait passer par la création d’e-campus disposant de bibliothèques numériques qui leur permettraient d’être à la pointe de la technologie. Aussi pourront-ils acquérir les connaissances nécessaires pour se lancer par la suite dans la création de startups et ainsi participer à la création de richesse et jouer leur rôle dans le développement de leur pays.

Une autre solution serait la création de pôles d’excellence numérique. Ces pôles, qui constitueraient une sorte de fonds d’appui aux initiatives des jeunes dans le numérique, auraient pour mission de recevoir et de traiter les projets des jeunes afin d’en sélectionner les meilleurs, puis d’en assurer l’incubation jusqu’à leur pleine réalisation. Ces pôles d’excellence offriraient un cadre émulatif sain à la jeunesse, mettant en avant les meilleures idées possibles.  Ce cadre constituerait aussi une réponse à l’épineuse question du chômage, dans la mesure où la fonction publique n’a pas la capacité d’employer tous les diplômés. Dans ce domaine, l’exemple du programme Burkina Startups doit inspirer certains pays à emboîter le pas.

Enfin, chaque pays devrait procéder à la création d’une banque d’idées. Ces banques, contrairement à leur définition traditionnelle, ne chercheraient pas à accumuler de l’argent, mais bien des idées novatrices à même de contribuer au développement d’un pays. Chaque nation africaine pourrait créer sa propre banque afin de centraliser les meilleures idées qui soient et ainsi constituer des bases de données pour les générations actuelles et futures. Il suffirait par la suite de réunir toutes ces banques d’idées en une seule entité , la banque centrale des idées d’Afrique. Ce concept de banque centrale serait basé sur le modèle de l’union Africaine, qui constitue aujourd’hui une vraie source d’inspiration et de fierté pour les États africains. Nous sommes persuadés que cette banque centrale des idées d’Afrique pourrait être, dans un futur pas si lointain, le précurseur d’une réalité plus large, celle des « États-Unis d’Afrique ».

Auteurs

Belem Abdoul Fataph Priva

Lauréat du concours Blog4Dev2019 au Burkina Faso

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