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5 défis pour atteindre l’accès universel aux services financiers

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Les services financiers doivent être adaptés aux besoins des femmes, pour leur fournir des cartes d’identité valides, leur permettre d’ouvrir leur propre compte en banque ou pour améliorer leur éducation financière. Crédit photo : collection photo Banque mondiale.

Deux milliards de personnes dans le monde n’ont toujours pas accès à des services financiers régulés. Malgré des progrès significatifs (a) et l’augmentation des ressources techniques et financières consacrées a l’inclusion financière, il reste beaucoup à accomplir.
 
Il existe un consensus large sur le fait que l’accès à un compte courant aide les populations à mieux gérer leur vie et à planifier pour les évènements imprévus.

Mais l’accès aux services financiers et l’infrastructure financière sous-jacente, que beaucoup considèrent comme des acquis dans les pays riches, tels que les comptes d’épargne, les cartes de débit et de crédit, ainsi que les systèmes de paiements qui leur permettent de fonctionner, ne sont toujours pas accessibles aux populations des pays en développement. En septembre dernier, j’ai participé au Forum global de l’Alliance pour l’inclusion financière (AFI) (a) qui s’est tenu au Mozambique. Cette réunion annuelle a rassemblé des politiques, le secteur privé et d’autres acteurs afin de convenir de nouveaux engagements, de discuter des meilleures pratiques et de décider comment aller de l’avant.

J’ai été impressionné par la richesse des discussions que j’ai pu avoir avec les membres de l’AFI et les représentants des différentes institutions, sur les succès et les obstacles dans le développement de l’accès aux services financiers dans leurs pays.
 
Ces obstacles peuvent être regroupés en 5 principaux défis :

 
L’éducation et les connaissances en matière financière. Les pays doivent mettre en place des programmes d’éducation financière pour s’assurer que les populations soient en mesure de prendre des décisions financières sensées, choisissent les produits financiers qui répondent le mieux à leurs besoins, et sachent utiliser différents canaux tels que les GAB (guichets automatiques de banque) ou la banque mobile. De récentes études du Groupe Banque Mondiale sur les connaissances en matière financière au Maroc (a) et au Mozambique (a), ainsi
que des études sur les services de transferts d’argent pour les travailleurs migrants en France et en Italie, montrent qu’un manque de connaissance empêche les populations d’utiliser des produits et services financiers qui leur conviendraient. Une meilleure connaissance des comportements permet des actions d’éducation financière plus efficaces à un moindre coût, y compris au travers de SMS ciblés, qui peuvent accélérer l’ouverture de nouveaux comptes et augmenter d’épargne.

 
Des documents d’identité valides. Fournir aux populations un document d’identité valide est essentiel à l’accès aux services financiers. Sans preuve d’identité valide, il n’est pas possible de transférer de larges volumes de paiements, tels que ceux liés aux bénéfices sociaux ou aux salaires, vers des comptes courants. La procédure pour obtenir une carte d’identité et pour ouvrir un compte doit être simplifiée. Dans les pays ou plusieurs documents d’identité sont nécessaires pour ouvrir un compte, les efforts d’inclusion financière n’ont pas autant porté leurs fruits que dans les pays ou la procédure a été simplifiée.

 

Protection du consommateur et règlementation. Bien que des services de paiement comme la monnaie électronique et les paiements mobiles puissent contribuer à l’accès aux services financiers, il est essentiel de mettre en place des plateformes sécurisées et fiables (a), afin de protéger les données privées et les fonds des clients. Afin d’accroître la confiance dans les paiements électroniques, il est important de traiter les consommateurs de façon juste, de les informer sur les principales caractéristiques des produits, et de définir des standards en matière de sécurité et fiabilité qui permettent aux consommateurs de faire des choix éclairés.

 
Les femmes et les populations rurales pauvres. Il a été observé au cours de l’année dernière que les femmes dans les pays en développement ont 20% moins (a) de chance d’avoir un compte et 17% moins de chance d’avoir un crédit auprès d’une institution financière régulée. Les institutions financières doivent adapter leurs produits financiers aux besoins des femmes (a). Cela peut aller de la fourniture aux femmes de cartes d’identité valides à leur permettre d’ouvrir un compte de façon autonome, et à améliorer leur capacité à prendre des décisions financières de base. L’étude de 2014 du Groupe Banque mondiale sur les connaissances financières au Maroc  (a) a montré que les femmes et les populations vivant en zone rurales se classent moins bien dans les différentes catégories de connaissances en matière financière (budget, planification pour évènements imprévus, etc…), par rapport aux hommes et aux populations urbaines. En règle générale, elles sont moins éduquées et moins susceptibles d’être employées dans le secteur formel.

 
Utilité. Ouvrir un compte courant est une première étape, ce n’est pas une fin en soi. Les comptes courants doivent être utiles et servir de porte d’entrée pour accéder à d’autres services financiers comme l’épargne, le crédit et l’assurance. Quelques 355 millions d’adultes (a) dans les pays en développement qui ont un compte effectuent toujours des transferts d’argent en espèces ou via le secteur informel. Les gouvernements et le secteur privé peuvent jouer un rôle essentiel au développement de l’utilisation de ces comptes en versant les salaires sur les comptes au lieu de les payer en espèces. Par exemple, en Inde, l’initiative Pradhan Mantri Jan-Dhan Yoiana (PMJDY)  (a) effectue désormais le paiement des bénéfices à grande échelle, y compris l’allocation carburant LGP, sur les comptes courants et a permis l’ouverture de 170 millions de comptes.


Pour faire face à ces défis, nous devons travailler ensemble.
 
Au cours des 2 dernières années, le groupe Banque mondiale a consacré plus de 8 milliards de dollars (a) en soutien financier à l’inclusion financière et l’accès aux services financiers, pour développer l’infrastructure financière au niveau national et régional.
 
Au printemps dernier, le Groupe Banque mondiale et un certain nombre d’acteurs publics et privés (a) se sont engagés à toucher 2 milliards de personnes dans les 5 prochaines années au travers de l’initiative pour l’Accès Universel aux services Financiers 2020 (UFA2020) (a). UFA2020 cible 25 pays où vivent 73% des populations non-bancarisées. Mais au-delà de ces 25 pays, nous tenons à travailler avec tous les pays pour lesquels nous pouvons apporter un appui, en tant que partenaire technique ou pour fournir un soutien financier essentiel.
 
Cette initiative globale s’inscrit en complément de la Déclaration Maya, (a) à laquelle de nombreux pays membres de l’AFI ont souscris durant les 4 dernières années. Plus de 85% de la réduction dans la population non-bancarisée entre 2011 et 2014 est venue des pays membres de l’AFI –et 55% de pays s’étant engagé dans le cadre d’une Déclaration Maya.
 
Au niveau global, le Groupe Banque mondiale et le Comité sur les paiements et infrastructures de marchés (CPMI) (a) de la Banque des Règlements Internationaux (BRI) ont analysé ces défis dans le rapport sur les aspects paiements de l’inclusion financière (a), tout juste publié pour consultation publique, qui va nous aider à comprendre comment les systèmes et services de paiement contribuent à l’accès et à l’utilisation des services financiers.
 
Ce rapport permettra d’identifier les actions essentielles que les pays devraient entreprendre pour faire avancer l’accès aux comptes courants. Ces actions auront une importance cruciale pour faire de l’inclusion financière une réalité, qui contribuera à la réduction globale de la pauvreté et au développement d’une prospérité partagée.
 
Billet a été publié initialement dans The Guardian.

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