La rentrée scolaire 2019 sous le signe du renouvellement de la démocratie en Tunisie

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Voilà une rentrée scolaire tout à fait particulière : elle a eu lieu deux jours après le premier tour de la deuxième élection présidentielle que la Tunisie a connue depuis la Révolution de Jasmin en 2011. Le calendrier politique coïncide avec l’un des moments forts du calendrier scolaire qu’est la rentrée, l’autre moment fort étant celui des examens de fin d’année.

La rentrée est un temps de mobilisation générale de toutes les équipes du ministère de l’Education, comme nous l’indiquait le 6 septembre dernier son Excellence Hatem Ben Salem, Ministre de l’Education lors d’une rencontre avec Monsieur Jesko Hentschel, nouveau Directeur de la Banque mondiale pour le Maghreb et la République de Malte : « Bien réussir la rentrée, c’est une immense opération de logistique pour s’assurer que les locaux soient prêts, que les enseignants disposent de leur affectation, que les élèves soient répartis dans les bonnes classes et que tous les emplois du temps soient disponibles ». Comme chaque année en Tunisie, un peu plus deux millions d’élèves, 120 000 enseignants, des milliers de directeurs d’école et autres personnels reprennent les chemins de l’école. Le casse-tête est toujours le même : comment éviter les couacs et surtout y répondre dans les meilleurs délais ! Mais cette année, une difficulté supplémentaire attendait tous les personnels mobilisés : il fallait remettre en ordre les milliers d’écoles qui avaient été utilisées comme bureau de vote. Bel exemple où la démocratie s’exerce sous les auspices des établissements scolaires.

Comme nous le rappelait aussi son Excellence Hatem Ben Salem, la grande nouveauté de cette rentrée 2019, c’est l’inscription en ligne des élèves du primaire, après celle des élèves des collèges et lycées mise en place en 2018. Le ministère a tiré des leçons de l’expérience de l’an dernier : le paiement des frais d’inscription se fait maintenant exclusivement par téléphone mobile pour la somme modique de 4 dinars. Le ministère bascule dans l’ère du paiement électronique et de l’utilisation des services numériques.

D’autres changements devraient intervenir au cours de cette année scolaire, car le ministère de l’Education s’associe au ministère des Technologies de la communication et de l’Économie numérique, au ministère des Télécommunications et au ministère des Affaires sociales dans un nouveau projet signé récemment entre la République de Tunisie et la Banque mondiale. Ce projet a pour objectif la transformation numérique des services centrés sur l’usager en soutenant une démarche de promotion des technologies appliquées à l’administration publique. Il devrait financer la numérisation des services de gestion de l'éducation afin de faciliter les inscriptions, le suivi des élèves et des établissements et la détection des cas d’abandon scolaire, et l’amélioration des ressources numériques afin de renforcer les enseignements et les apprentissages.

Tous ces changements sont les bienvenus. Mais il ne faut pas pour autant oublier l’objectif principal de l’année scolaire : faire en sorte d’obtenir les meilleurs résultats d’apprentissage tout en assurant une scolarisation plus équitable. Malheureusement les données estimées pour le calcul de l’indice du Capital Humain ont montré que, si en moyenne les jeunes tunisiens de moins de 18 ans cumulaient 10.2 années de scolarité, le nombre d’années de scolarité corrigées en fonction des acquis1 n’était que de 6.3. Cela nous rappelle une fois de plus que scolarisation n’est pas synonyme d’apprentissage. Selon le Rapport sur le Development dans le Monde 2018 de la Banque mondiale intitulé « Apprendre pour réaliser la promesse de l’éducation », des solutions existent. Comme le Ministre Hatem Ben Salem l’évoquait : « la priorité sera donnée au renforcement des compétences des personnels et notamment de tous les enseignants qui sont en première ligne avec les élèves ». Des dispositions ont ainsi été prises depuis l’année dernière, avec la création du Centre National de Formation et de Perfectionnement (CENAFOP), l’institution en charge de toute la programmation des activités de formation continue. Le CENAFOP recevra des financements importants et notamment grâce au Projet de Renforcement des Fondations pour l’Apprentissage (PREFAT) qui lui permettront de mettre en œuvre les activités programmées pour les prochaines années.

Je ne pourrais pas terminer ce blog sans souhaiter à tous les élèves qui ont fait leur rentrée le 17 septembre beaucoup de succès dans leurs études !

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