La pandémie de Covid-19 frappera durement l'Asie du Sud, mais nous ripostons déjà

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Une migrante avec un bébé porte un masque à la gare routière d'Anand Vihar de New Delhi, une mesure de prévention pendant le confinement du pays. Photo : rajput/SOPA Images/Shutterstock
Une migrante avec un bébé porte un masque à la gare routière d'Anand Vihar de New Delhi, une mesure de prévention pendant le confinement du pays. Photo : rajput/SOPA Images/Shutterstock

Bien que j'aie dû interrompre mes visites régulières en Asie du Sud, je ne me suis jamais senti aussi proche de cette région. Chaque jour qui passe me rappelle que la pandémie de Covid-19 menace d'anéantir les avancées du développement pour lesquelles nous nous sommes tant battus.

Alors que l'Inde a maintenant décrété le confinement de tout le pays et que d’autres États d'Asie du Sud mettent en œuvre des mesures de distanciation sociale, la crise du coronavirus exige une réponse forte  pour limiter les pertes en vies humaines et faciliter une reprise économique rapide.

L'Asie du Sud sera durement touchée par la pandémie de Covid-19

Certes, l'ampleur de cette épidémie mortelle semble plus faible en Asie du Sud que dans les pays occidentaux. L'Inde, deuxième pays le plus peuplé de la planète, recense 1 860 cas actifs à ce jour, tandis que le Népal n'a officiellement enregistré aucun décès (a). Toutefois, comme le dépistage est limité, ces chiffres ne reflètent pas toute l'étendue de la crise.

Le pire est encore à venir. Rien qu'en Inde, des millions de travailleurs migrants fuient les villes (a), en risquant d'apporter l'infection dans leurs villages. La menace de la faim (a) plane sur les centaines de millions de travailleurs informels qui ont perdu leur emploi.

Alors que l’épidémie de Covid-19 continue à se propager, ses conséquences économiques vont plonger des millions de personnes dans la pauvreté et creuser encore davantage les inégalités.  Nous annoncerons nos projections de croissance pour l'Asie du Sud le 12 avril, ainsi que des recommandations sur l’action à mener pour gérer l’impact économique et sanitaire de la pandémie.

Alors que le virus Covid-19 continue à se propager, ses conséquences économiques vont plonger des millions de personnes dans la pauvreté et creuser encore davantage les inégalités.

Face à ce choc sanitaire brutal, les familles à faible revenu d'Asie du Sud sont particulièrement vulnérables.  Si un parent ou un proche venait à être contaminé par le virus, nombre d'entre elles n'auraient pas les moyens de payer les soins ni les médicaments nécessaires. Or, environ 60 millions d'habitants de la région sombrent déjà dans la pauvreté chaque année en raison des frais de santé élevés qui restent à leur charge.

Une aide d'urgence de 1,4 milliard de dollars pour l'Asie du Sud

Dans ce contexte qui évolue chaque jour, la Banque mondiale vient de déployer une première série de financements d'urgence pour lutter contre la propagation du coronavirus dans 25 pays du monde.  Sur cette enveloppe globale, plus de 1,4 milliard de dollars sont destinés à aider les gouvernements d'Asie du Sud à faire face aux conséquences sanitaires immédiates de la pandémie et à protéger leurs populations. 

La situation actuelle est inédite et elle exige une action rapide. Il n'aura fallu que deux semaines pour monter des projets d’appui à la lutte contre la pandémie de Covid-19 en Afghanistan (a), au Pakistan (a), aux Maldives (a), en Inde (a) et au Sri Lanka (a). D’autres financements destinés au Bangladesh, au Bhoutan et au Népal font l'objet d'un traitement accéléré et seront bientôt disponibles. 

Notre démarche repose sur une coordination constante et primordiale avec les ministres des Finances et les autorités de la région afin de garantir que l'aide est adaptée à la situation de chaque pays  et qu'elle répond à leurs besoins spécifiques.

La semaine dernière, une réunion téléphonique a permis à notre équipe de s’entretenir avec les ministres des Finances et les gouverneurs des banques centrales des pays d'Asie du Sud ainsi qu’avec nos partenaires, en vue de discuter des conséquences de la pandémie et de calibrer notre soutien afin de renforcer la capacité des pays à agir rapidement.

Notre démarche repose sur une coordination constante et primordiale avec les ministres des Finances et les autorités de la région afin de garantir que l'aide est adaptée à la situation de chaque pays et qu'elle répond à leurs besoins spécifiques.

Pulvérisation de produit désinfectant dans les lieux publics à Hérat (Afghanistan).
Pulvérisation de produit désinfectant dans les lieux publics à Hérat (Afghanistan). Photo : JALIL REZAYEE/EPA-EFE/Shutterstock.

 

Cette épreuve donne cependant aux pays d'Asie du Sud de nouvelles occasions (a) d'unir leurs forces, de renforcer les institutions régionales et de mettre en commun leurs ressources pour combattre une pandémie mortelle qui ne connaît pas de frontières et se propage sans discernement dans les populations.

Avec un montant d'un milliard de dollars, l’aide allouée à l'Inde est le plus important soutien financier jamais accordé par la Banque mondiale au secteur de la santé dans ce pays.  Destiné à tous les États et territoires de l’Union, ce financement permettra de répondre aux besoins des personnes contaminées, des populations à risque, du personnel médical et de secours, des prestataires de services et des centres médicaux et de dépistage.

Étant donné que, globalement, les performances de l'Inde en matière sanitaire restent inférieures à celles de pays au revenu comparable, notre priorité est de renforcer la résilience de son système de santé pour qu’il soit en mesure de faire face au coronavirus, mais aussi à de futures épidémies. Il s’agira plus concrètement de transformer des lits d'hospitalisation en unités de soins intensifs et d'acheter des équipements de protection individuelle, des respirateurs et des médicaments, en particulier pour les hôpitaux de district et les établissements spécialisés dans les maladies infectieuses.

Au Pakistan, l'enveloppe de 200 millions de dollars cible bien sûr le secteur de la santé, mais elle permettra aussi d'aider les personnes pauvres et vulnérables. L'objectif est de faire face aux conséquences immédiates de la pandémie grâce à des mesures de protection sociale, à des approvisionnements alimentaires et à des enseignements virtuels pour les enfants, afin qu'ils ne cessent pas d'apprendre malgré la fermeture des écoles.

Alors qu’il est difficile de prévoir la durée et l'impact de la pandémie, le Groupe de la Banque mondiale pourrait déployer un programme de soutien économique de 160 milliards de dollars dans le monde au cours des 15 prochains mois.

La situation en Afghanistan évolue rapidement, car le pays partage une frontière poreuse avec l'Iran, où l'ampleur et la progression de l’épidémie posent de graves risques de transmission virale. Le don de 100,4 millions de dollars de la Banque mondiale est destiné à aider les 34 provinces afghanes et à renforcer les services de santé essentiels pour ralentir la propagation du coronavirus et dispenser les meilleurs soins possible.

Plus au sud, l’aide d'urgence d’un montant de 128,6 millions de dollars allouée au Sri Lanka contribuera à réduire le nombre de cas de contaminations et à lutter contre les risques de foyers épidémiques. Destinée à l’ensemble de la population du pays, elle permettra également de sensibiliser les habitants à l’importance du lavage des mains, de l'hygiène et de la distanciation sociale.

Aux Maldives, une enveloppe de 7,3 millions de dollars financera l'organisation de soins optimaux aux patients, l'achat d'équipements de protection individuelle et de fournitures médicales, le maintien des services essentiels dans les hôpitaux et le renforcement des unités de soins intensifs.

Au total, ce soutien d'urgence permettra d’atténuer certains des effets immédiats de la pandémie de Covid-19 et de renforcer la réponse apportée par les différents pays. Alors qu’il est difficile de prévoir la durée et l'impact de la pandémie, le Groupe de la Banque mondiale pourrait déployer un programme de soutien économique de 160 milliards de dollars dans le monde au cours des 15 prochains mois, afin de protéger davantage les pauvres et les personnes vulnérables, de soutenir les entreprises et de favoriser le redressement économique.

Les besoins d'urgence liés à la pandémie sont immenses.  Mais nous sommes prêts à nous battre avec une détermination tout aussi forte pour aider les pays d'Asie du Sud à se remettre sur pied et à fournir de meilleurs soins de santé pour l'avenir.


Liens utiles

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VOIR AUSSI : L'actualité du Groupe de la Banque mondiale face à la pandémie de COVID-19

Auteurs

Hartwig Schafer

Vice-président de la Banque mondiale pour la région de l'Asie du Sud

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