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Les perspectives des marchés de produits de base en 8 graphiques

??: James Jones Jr/Shutterstock Photo : James Jones Jr/Shutterstock

La quasi-totalité des produits de base se sont redressés au troisième trimestre, après les fortes baisses des prix enregistrées plus tôt dans l'année sous l’effet de la pandémie de COVID-19. Les cours du pétrole brut ont doublé depuis le creux enregistré en avril, à la faveur d’une réduction drastique de l'offre, mais ils restent inférieurs d'un tiers à leur niveau d'avant la pandémie.  Les prix des métaux sont rapidement remontés grâce à une reprise plus rapide que prévu de l'activité industrielle en Chine. Les prix de certaines denrées alimentaires ont eux aussi augmenté. Les cours pétroliers devraient remonter progressivement par rapport aux niveaux actuels et atteindre en moyenne 44 dollars le baril en 2021, contre 41 dollars cette année , sous l’effet conjugué d’une reprise lente de la demande et d'un assouplissement des restrictions du côté de l'offre. Les prix des métaux et des produits agricoles devraient légèrement remonter en 2021. Le principal risque qui pèse sur ces prévisions réside dans la durée de la pandémie, avec notamment la menace d'une deuxième vague qui s'intensifierait dans l'hémisphère Nord. 

1. La remontée des prix des produits de base après la pandémie est inégale

Ce sont les prix de l'énergie qui ont été le plus durement touchés par la pandémie. Après une forte chute en mars et en avril, ils se sont partiellement redressés, entraînés par le cours du pétrole brut.  Toutefois, cette dynamique a récemment marqué le pas, sur fond d'inquiétudes concernant la recrudescence des cas de COVID et leur impact sur la consommation de pétrole. Les cours pétroliers devraient rester proches des niveaux actuels jusqu'à l'année prochaine, soit bien en deçà des niveaux de référence antérieurs à la pandémie.  En revanche, les métaux et les produits agricoles ont regagné le terrain perdu du fait de la pandémie et devraient légèrement progresser en 2021.

2. La production de pétrole a été fortement réduite à la suite de la chute de la consommation

L'effondrement de la consommation de pétrole en mars et en avril a fait plonger les cours pétroliers , incitant de nombreux producteurs à réduire leur production. En particulier, l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) et ses alliés ont collectivement décidé d'abaisser leur production de 9,7 millions de barils par jour, soit près de 10 % de la production mondiale. La conjugaison de ces mesures et d'une reprise de la consommation a permis aux prix du pétrole de se redresser partiellement au troisième trimestre 2020.

3. La pandémie devrait avoir un impact durable sur la consommation de pétrole

À la suite de la pandémie de COVID-19, les principaux services de prévision ont revu à la baisse leurs projections relatives à la demande de pétrole.  Selon certains scénarios sectoriels, la demande pourrait même avoir déjà atteint son maximum en 2019. La pandémie aura probablement des répercussions durables sur la consommation de pétrole, car elle modifie les comportements tant en termes de consommation que de travail.  Le transport aérien pourrait diminuer de façon permanente, les voyages d'affaires laissant la place à des réunions à distance, ce qui réduira d’autant la demande de kérosène. Le passage au télétravail pourrait faire diminuer la demande de carburant, une baisse qui pourrait toutefois être compensée par un recours accru aux véhicules privés si la population reste réticente à l'idée d'utiliser les transports publics.

4. Les prix des métaux ont dépassé les niveaux antérieurs à la pandémie grâce une reprise de l'activité industrielle dans le monde tirée par la Chine

Les prix de la plupart des métaux est supérieur aux niveaux d'avant la pandémie, le cuivre enregistrant une hausse particulièrement marquée.  La vigueur de la reprise de l'activité industrielle en Chine, responsable d'environ la moitié de la consommation mondiale de métaux, a entraîné une envolée de la demande.

5. Le cours de l'or est dopé par la pandémie et les mesures prises par les pouvoirs publics

La pandémie a déclenché un repli des investisseurs vers la sécurité et les valeurs refuges, faisant grimper le cours de l'or.  Les prix ont également été stimulés par la dépréciation du dollar et la baisse des taux d'intérêt. Par ailleurs, les perturbations subies par la production minière, en particulier au Mexique, au Pérou et en Afrique du Sud, et la réduction du recyclage de l'or sous l'effet des restrictions sur la circulation de la main-d'œuvre induites par la pandémie ont soutenu les cours.

6. Les prix des denrées alimentaires sont restés globalement stables et ont augmenté récemment

Malgré les restrictions annoncées par les pouvoirs publics au début de la pandémie (et quelques perturbations des chaînes d'approvisionnement), les prix des denrées alimentaires ont été relativement peu affectés au niveau mondial.  On observe depuis peu une légère augmentation des prix, due à un déficit dans la production d’huiles comestibles et à l'affaiblissement du dollar.

7. Le ratio stocks/utilisation reste élevé, signe que les conditions d'approvisionnement sont bonnes

La stabilité des prix alimentaires reflète des conditions d'approvisionnement satisfaisantes, comme le montre le ratio stocks/utilisation, qui mesure l'offre par rapport à la demande. Cet indicateur se maintient aux niveaux élevés enregistrés récemment.

8. Certaines régions connaissent toutefois une forte inflation des prix alimentaires

Même si l'inflation des prix alimentaires est relativement modeste au niveau mondial, certaines régions enregistrent des hausses nettement plus marquées. Les perturbations causées par la pandémie sur les chaînes d'approvisionnement alimentaire ont affecté à la fois la production et la distribution des denrées, et ont parfois été aggravées par des dépréciations monétaires.  L'Asie du Sud, l'Afrique subsaharienne et l'Amérique latine font partie des régions les plus touchées. La pandémie risque de provoquer une augmentation de l'insécurité alimentaire et de la malnutrition.

LIENS UTILES

Portail COVID-19 du Groupe de la Banque mondiale

Site web : Commodity Markets Outlook


Auteurs

John Baffes

Économiste senior spécialiste de l'agriculture, Groupe d’étude des perspectives de développement, Banque mondiale

Peter Nagle

Économiste, Groupe des perspectives de développement

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