1. Les prix de la quasi-totalité des produits de base sont plus élevés qu’avant la pandémie
Ces hausses s'expliquent par la reprise de l’activité économique mondiale et, dans certains cas, par des facteurs liés à l’offre, notamment en ce qui concerne le pétrole, le cuivre et certains produits alimentaires.
2. Les cours du pétrole brut se sont redressés en un temps record
La demande enregistre également une reprise progressive et devrait se raffermir au cours de l’année 2021, avec l’arrivée massive de vaccins et l’assouplissement des restrictions sur les voyages, en particulier dans les économies avancées.
Effondrements et remontées des prix du pétrole
3. Les capacités de production de pétrole non utilisées sont vastes
Si les réductions de production opérées par l’OPEP et ses partenaires (OPEP+) ont été essentielles pour éviter l'effondrement des cours, les importantes capacités de production inutilisées qui en résultent limiteront la hausse des prix sur la période de prévision. En outre, si l’endiguement de la pandémie faiblit, une nouvelle détérioration de la demande pourrait exercer des pressions sur l’accord de réduction de la production. Une rupture de l’accord risquerait d'entraîner une baisse sensible des prix du pétrole.
4. Les cours du gaz naturel et du charbon se sont eux aussi redressés
Parmi les autres produits énergétiques, le gaz naturel et le charbon ont eux aussi enregistré de fortes hausses de prix au premier trimestre 2021, sous l’effet de la reprise économique mondiale, des températures froides dans certaines parties de l’hémisphère Nord et des problèmes d’approvisionnement. Les cours du charbon sont soumis à des pressions de long terme liées aux processus de décarbonation, un nombre croissant de pays importateurs de charbon étant appelés à annoncer des objectifs de neutralité carbone. La consommation de charbon a été considérablement réduite par l'arrivée rapide des énergies renouvelables et du gaz naturel à bas prix, même si la diminution de l’électricité produite à partir du charbon en Europe et aux États-Unis a été largement compensée par l’augmentation des capacités en Chine.
5. La reprise mondiale a dopé les cours des métaux
et, dans le cas de certains métaux, par des perturbations au niveau de l’offre. Les cours du cuivre, de l’étain et du minerai de fer sont ressortis en mars à des niveaux jamais atteints depuis dix ans. La proposition de loi sur les infrastructures aux États-Unis et la transition énergétique mondiale en faveur de la décarbonation pourraient exercer de nouvelles pressions à la hausse sur les prix.
Prix du cuivre et du PMI manufacturier mondial
6. La hausse des rendements obligataires a fait perdre son attrait à l’or
Le rendement des titres du Trésor protégés contre l’inflation (TIPS) à dix ans est passé de -1 % en janvier à -0,66 % en mars, soit le niveau le plus élevé depuis juin 2020. Cette évolution fait perdre à l’or son attrait aux yeux des investisseurs. Les avoirs des fonds négociés en bourse adossés à l’or ont également fortement diminué ces derniers mois, et les banques centrales ont réduit leurs achats d’or.
7. Les prix agricoles atteignent leur plus haut niveau depuis sept ans
depuis près de sept ans. La hausse des prix est due à l’insuffisance de l’offre de certains produits alimentaires de base, notamment le maïs et le soja, à la forte demande de produits destinés à l’alimentation animale en Chine et à la dépréciation du dollar.
8. Les marchés des matières premières alimentaires se stabilisent
D’après l’enquête du département américain de l’Agriculture sur les intentions de semis, les superficies allouées au maïs, au soja et au blé aux États-Unis devraient augmenter respectivement de 0,4 %, 5,4 % et 4,5 % la saison prochaine, après une croissance de l’offre, lors des dernières campagnes agricoles, inférieure aux moyennes à long terme. Étant donné le rôle prépondérant que jouent les États-Unis dans ces trois produits de base, de telles hausses, si elles se concrétisent, contribueront à stabiliser les marchés mondiaux des matières premières alimentaires. Les prix agricoles devraient se stabiliser en 2022 après une hausse de 13 % cette année. Les risques qui pèsent sur ces prévisions résident dans l’évolution des coûts de l’énergie, à court terme, et dans les politiques en matière de biocarburants dans le cadre de la transition énergétique, à plus long terme.
Évolution des stocks céréaliers mondiaux