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Pauvreté et changement climatique : trouver des solutions transversales à ce télescopage dramatique

?????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????????IDA??????????????????: Vincent Tremeau/The World Bank セネガルのサンルイで、倒壊した家の前で凧揚げをする少年。市内沿岸部の住宅は海面上昇により倒壊が続いている。セネガルをはじめ、気候変動の影響に直面する国々は、国際開発協会(IDA)による支援の対象となっている。写真: Vincent Tremeau/The World Bank

Cette semaine, tous les regards sont tournés vers Glasgow, qui accueille la COP26, la conférence annuelle sur le changement climatique. Aucun pays n’étant à l’abri, l’enjeu est considérable. Et la corrélation avec le bien-être humain devient de plus en plus flagrante : le changement climatique fera basculer plus de 130 millions de personnes dans la pauvreté au cours des dix prochaines années  — sapant les gains durement acquis du développement — et jettera sur les routes de leurs propres pays plus de 200 millions de migrants climatiques d’ici 2050.

La crise climatique est profondément injuste : les populations les plus démunies contribuent le moins au changement climatique.  Les 74 pays qui bénéficient de l’aide de l’Association internationale de développement (IDA) — le fonds de la Banque mondiale pour les pays les plus pauvres, doté de plusieurs milliards de dollars — représentent moins d’un dixième des émissions mondiales de gaz à effet de serre. Mais ce sont eux les plus durement touchés.

"La crise climatique est profondément injuste : les personnes les plus pauvres du monde contribuent le moins au changement climatique."

Aujourd’hui, la Banque mondiale est la principale source multilatérale de financements climatiques pour les pays en développement.  À travers notamment l’IDA, qui soutient des investissements visant à déployer les énergies vertes à grande échelle, afin d’éviter le piège des infrastructures polluantes, et aide ces pays à atteindre leurs objectifs d’accès à l’énergie.

Mais les effets du changement climatique se font déjà sentir partout dans le monde, touchant pays et communautés. La moitié des financements de l’IDA pour l’exercice fiscal 2021 a donc été dédiée à l’adaptation et à la résilience. Tenant compte des besoins locaux et nationaux, l’IDA finance des projets privilégiant une approche systémique et ayant intégré l’interdépendance des défis.

Entre 2010 et 2020, les pays de l’IDA ont été pratiquement huit fois plus souvent victimes de catastrophes naturelles qu’entre 1980 et 1990. Les petits États insulaires en développement et les États fragiles et en conflit sont particulièrement exposés au risque climatique pour des raisons qui leur sont spécifiques mais qui nécessitent toutes une réaction urgente. D’autant que les pays de l’IDA sont engagés dans une course à la compétitivité dans une économie mondiale en constante évolution qui valorise toujours plus le verdissement de la croissance, des emplois et des secteurs d’activité. Le défi est colossal, car ces pays doivent simultanément lutter contre les effets toujours plus visibles du changement climatique, renforcer la résilience aux chocs et s’engager sur de nouveaux marchés pour assurer leur prospérité dans un monde post-COVID-19.

Certes, ce n’est pas la première fois que l’IDA est sollicitée pendant une crise. D’ailleurs, son fonctionnement face à ces situations est bien rôdé, avec des cycles successifs de préparation, de riposte et de redressement — qu’il s’agisse d’Ebola, de sécheresses touchant des millions d’individus ou de pandémies. Mais le changement climatique constitue sans aucun doute la crise la plus complexe et la plus ramifiée qu’elle ait eu à gérer jusqu’ici. Face à un tel enjeu, les approches centrées sur un seul secteur, un seul pays ou une seule organisation ne suffisent pas.  Il faut au contraire collaborer et faire circuler le savoir entre groupes d’intérêt et entre pays. L’IDA pratique depuis longtemps ce type de conduite et sait rallier les acteurs à une cause commune.

Cette conjonction inédite de difficultés a conduit l’IDA à s’appuyer sur des décennies d’expériences et de dispositifs pour aider les pays à réduire leur émissions, s’adapter au changement climatique et atténuer les effets des catastrophes naturelles. Au cours de l’exercice 2021, 61 % de ses financements climatiques ont été alloués à l’adaptation, sachant qu’elle a aidé 62 pays à faire de la réduction des risques de catastrophe une priorité nationale. Au Niger, une meilleure gestion des terres a augmenté les rendements agricoles de 62 % et, ce faisant, aide les populations à affronter les aléas climatiques ; au Mozambique, une riposte rapide a permis de limiter les dégâts provoqués par deux cyclones consécutifs qui ont touché 1,8 million d’habitants. Et bon nombre d’investissements de l’IDA soutiennent aussi les solutions fondées sur la nature : l’extension de la mangrove dans une zone littorale visée par un projet au Bangladesh a renforcé la protection contre les tempêtes ; aux îles Kiribati, le projet pour la résilience climatique, qui a amélioré les infrastructures côtières, récupère également l’eau de pluie pour combattre la salinisation liée à l’élévation du niveau de la mer.

Autre facteur ayant changé la donne : la prise de conscience du caractère global et interdépendant des défis — et des solutions. Le renforcement des moyens de surveillance épidémiologique et des capacités de laboratoire permet également à un pays de mieux réagir face à un risque de maladies transmissibles liées au climat. Un développement sobre en carbone et résilient ouvre d’incroyables perspectives pour l’essor de technologies propres et d’emplois verts.  Les investissements dans les appareils de cuisson propres et l’accès à une énergie durable ont un effet bénéfique sur les femmes et les filles. La liste des retombées positives ne s’arrête pas là et l’IDA est bien placée pour contribuer à leur concrétisation.

Mi-décembre, le prochain cycle de reconstitution des ressources de l’IDA (ou IDA20) se conclura, un an plus tôt que prévu, afin de faire face à ces besoins historiques de financements. Grâce à l’IDA et à ses partenaires, qui disposent tous d’atouts uniques pour affronter cet ensemble de défis hors normes, les parties prenantes peuvent donner aux populations les plus vulnérables de bonnes chances de surmonter ces épreuves et de renforcer leurs défenses.

Ce billet fait partie d’une série de publications consacrées aux solutions visant à garantir une reprise résiliente après la pandémie de COVID-19 dans les pays les plus pauvres du monde. Pour les informations les plus récentes, suivez @WBG_IDA et #IDAWorks.

Auteurs

Akihiko Nishio

Vice-président de la Banque mondiale pour le Financement du développement

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