5 femmes du monde arabe qui bravent les préjugés et font avancer leur pays

|

Cette page en:

Selon un vieux proverbe arabe, la femme n’appartient qu’à son foyer et à son mari. Pas question d’être éduquée, de travailler ou d’avoir une opinion. Si cette croyance est encore d’actualité dans certaines parties du monde arabe, des femmes et des hommes ne s’y retrouvent pas. Elles et ils sont modernes, instruit(e)s et déterminé(e)s, et, à leurs yeux, ce dicton est anachronique.

La population féminine représente 49,7 % des 345,5 millions d’habitants que compte la région du Moyen-Orient et de l’Afrique du Nord. En Occident, certains pensent que ces femmes sont confinées dans leur tente, au beau milieu du désert, et probablement battues par leur mari… Ce stéréotype, beaucoup de femmes arabes le battent en brèche en en prouvant la fausseté (a).

Certes, il existe encore de nombreux obstacles à la résorption des inégalités entre hommes et femmes dans le monde arabe, mais de multiples progrès ont été réalisés dans l’éducation, la vie politique, l’entrepreneuriat, le travail et la santé. Les femmes arabes d’aujourd’hui sont chefs d’entreprise, dirigeantes (a), militantes (a), surdiplômées, prix Nobel (a), etc. Elles redéfinissent les contours de leur société et préparent la voie à des lendemains meilleurs pour l’égalité homme-femme et l’émancipation des filles.

Voici cinq témoignages parmi tant d’autres de ces femmes du monde arabe qui font bouger les lignes et luttent contre les inégalités entre les sexes :

1. Iraq : une école de filles avec des tableaux blancs interactifs Elle a fait don de 2 millions de dollars pour bâtir un lycée pour filles dans sa ville natale de Hilla, dans la province de Babil. Dans sa jeunesse, Madeeha al Bermani (a) avait été obligée de fréquenter un lycée masculin parce que la discipline scientifique à laquelle elle voulait se consacrer était réservée aux garçons. Aujourd’hui, cette physicienne émigrée a employé ses économies à l’éducation et l’émancipation professionnelle de générations de jeunes Iraquiennes.​​

Madeeha al Bermani ne s’est pas bornée au financement du projet, elle s’est également impliquée dans le recrutement du personnel enseignant. Avec son argent, elle a équipé l’établissement de tableaux blancs interactifs et de laboratoires modernes, autant de technologies de pointe qui révolutionnent les conditions d’apprentissage des élèves.
 


2. Tunisie : quitter Paris pour se mettre au service d’un village Son père, militant tunisien issu de la société civile, avait pour habitude de l’emmener en Iraq et au Soudan pour des missions humanitaires. Aujourd’hui, Sarah Toumi a quitté Paris pour Bir Al Salih, le village natal de son père, où elle a fondé l’ONG Dream in Tunisia. Elle forme les villageoises à l’artisanat et les aide à mettre en valeur et à vendre leur production.

Cette jeune femme diplômée de la Sorbonne a également fondé l’organisation Acacias for All pour lutter contre la désertification par des pratiques agricoles durables, comme la plantation d’acacias.
 
3. Jordanie : des arts martiaux pour se défendre Le harcèlement sexuel est un phénomène mondial, mais en Jordanie comme dans d’autres pays arabes (a), il est relativement récent. Pour en venir à bout et pour lutter contre les violences domestiques, une Jordanienne a fondé une ONG d’autodéfense et un centre d’entraînement.

Lina Khalifeh (a), qui pratique les arts martiaux et milite pour l’émancipation des femmes, a fondé l’ONG SheFighter en 2010 pour apprendre aux femmes de Jordanie à se défendre et à combattre les violences familiales. Elle a eu l’idée de ce projet après avoir vu l’une de ses amies brutalement frappée par son père et son frère. Lina Khalifeh a voulu la former, elle et d’autres femmes, afin qu’elles puissent faire face et se prémunir contre de tels actes.
4. Yémen : militer pacifiquement pour la démocratie Elle a été emprisonnée et accusée d’organiser des « émeutes ». Son arrestation en 2011 a déchaîné la colère de la population et attisé le soulèvement contre le gouvernement d’Ali Abdallah Saleh. Tawakkol Karman (a), défenseure des droits des femmes journalistes, est une femme arabe qui provoque le changement de manière pacifique. Elle est l’une des figures populaires qui ont œuvré à la transition démocratique au Yémen lors du Printemps arabe.

En 2011, Tawakkol Karman est devenue la première femme du monde arabe à recevoir le prix Nobel de la paix (a).
5. Syrie : la « Malala syrienne » On dit souvent que ce qui ne tue pas rend plus fort. Mazoun Almellehan (a) a survécu à la guerre qui déchire son pays et cette jeune Syrienne de 16 ans se bat à présent pour l’éducation des filles dans le camp de réfugiés d’Azraq en Jordanie.

Depuis deux ans, Mazoun Almelleham s’est lancée seule dans une campagne pour convaincre les parents de ne pas retirer leur fille de l’école pour les marier de force. Mazoun a été surnommée la « Malala syrienne » en raison de son combat pour la scolarisation des filles, semblable à celui de la jeune Pakistanaise victime des talibans en 2012.
 

Prenez part au débat