La jeunesse, une arme incontournable dans la lutte contre le coronavirus

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Youth key in fight against coronavirus
Youth key in fight against coronavirus. Photo: Kenya Ministry of Health

Alors que la pandémie de coronavirus (COVID-19) continue de semer le chaos sur la planète entière, les experts redoutent un choc particulièrement dur en Afrique. Mais la jeunesse africaine ne reste pas les bras croisés en attendant le pire : partout, elle se démène pour trouver des solutions afin d’enrayer la circulation du virus et atténuer l’impact socioéconomique de la pandémie.

Il est réconfortant de voir les jeunes, aux quatre coins du continent, prendre l’initiative dans la lutte contre le coronavirus et se mobiliser pour aider leurs communautés. Ils ont compris que l’avenir dépend de leur action.

Car la jeunesse, qui incarne l’énergie, la créativité et l’innovation, doit montrer qu’en plus de symboliser l’espoir, elle est capable d’aider la collectivité en toutes circonstances et particulièrement face à une crise d’une telle ampleur. À travers des actes individuels et collectifs, les jeunes font tous ce qu’ils peuvent pour combattre la pandémie et le sentiment d’impuissance qui nous envahit tous. Les organisations de la société civile et les mouvements pilotés par des jeunes se déploient tous azimuts. La jeunesse mobilise les habitants pour mieux les protéger et soutient les pouvoirs publics et le personnel de santé.

Isaac ‘Kaka’ Muasa, de l’association Mathare Environmental One Stop, au Kenya, collabore avec ONU-Habitat, l’ambassade de Norvège et le Haut-commissariat du Canada pour aider les habitants des bidonvilles de Mathare à stopper la propagation du virus dans ce quartier pauvre de Nairobi. Ils ont commencé par mettre en place un programme de lavage des mains. Résultat, les enfants et les jeunes gens de Mathare sont les premiers à pratiquer ce geste barrière.

Vous imaginez le drame si la pandémie s’attaque aux bidonvilles de Nairobi ou à n’importe quel autre quartier défavorisé ? Un cauchemar rien que d’y penser. C’est pour cela qu’à travers l’organisation sans but lucratif de défense des droits de la jeunesse Miss Koch Kenya (a), Emmie Kemper mobilise les jeunes de son quartier pour aider les plus vulnérables dans les taudis tentaculaires de Korogocho. Ils ainsi soulagé des centaines de familles qui avaient perdu leurs moyens de subsistance.

Au Cameroun, l’association Local Youth Corner (a) a lancé, sur l’impulsion de son coordinateur Achalake Christian, l’opération « Une personne, un désinfectant » pour enrayer la circulation du virus, en particulier parmi les populations démunies. Avec d’autres jeunes, il produit et distribue gratuitement des produits désinfectants pour les mains, fabriqués maison selon les normes de l’Organisation mondiale de la santé. Il s’est associé pour cela à des personnes de bonne volonté, des organisations de la société civile, des médecins, des pharmaciens et un laborantin.

De son côté, Sibongumusa Zuma fait des vagues avec son action humanitaire en Afrique du Sud : dans tout le pays, les mesures de confinement ont chassé les marchands ambulants des rues, leur interdisant toute activité. Si tous les Sud-africains souffrent, la vie de ces vendeurs à la sauvette est devenue particulièrement difficile. Sibongumusa Zuma a donc mobilisé des jeunes pour leur distribuer gratuitement des produits alimentaires. Il estime en effet que les jeunes gens ne peuvent pas rester sans rien faire, alors qu’ils savent que l’activité de ces petits commerçants est au point mort à cause du confinement.

Au Botswana, Pretty Thogo coordonne une plateforme réunissant l’initiative de la Banque mondiale Youth Transforming Africa et la Youth Alliance for Leadership and Development in Africa (a), qui organise régulièrement des tables rondes pour permettre à des jeunes de discuter du développement et faire émerger des solutions portées par la jeunesse afin de peser sur l’élaboration des politiques en Afrique. Lors de sa première table ronde virtuelle, en avril, l’initiative avait réuni des experts de la médecine et de la communication pour informer les jeunes Africains sur la pandémie et le coronavirus et les aider à identifier les sources fiables d’information.

De même, à l’initiative d’Immy Mulekatete et du docteur Joseph Ryarasa Nkurunziza, Youth Voices Rwanda (a) anime des échanges en direct sur Twitter et Facebook pour permettre aux jeunes de parler de l’impact de la pandémie sur leurs communautés et du rôle qu’ils jouent pour endiguer la circulation du virus.

Et n’oublions pas James Smart et Kizito Gamba, à Nairobi, qui dirigent une équipe de jeunes journalistes à travers Tazama World Media (a) : l’idée est de relayer des témoignages convaincants sur l’impact du coronavirus pour les populations les plus déshéritées d’Afrique et de démontrer en quoi des réponses rapides, solides et bien pensées sont indispensables.

Les gouvernements doivent mettre en place des mesures et des dispositifs qui facilitent l’engagement coordonné, organisé et efficace de la jeunesse face au coronavirus. Surtout, les jeunes doivent comprendre qu’ils ont un rôle décisif à jouer dans ce combat, sachant que la circulation du coronavirus est une menace à la fois pour les populations et pour leurs moyens de subsistance mais aussi pour le développement et la stabilité.

Les jeunes doivent collaborer avec les pouvoirs publics et d’autres partenaires pour stopper la propagation du virus, protéger un maximum de personnes et prendre des mesures qui renforceront la lutte contre la pandémie.

Comme l’a affirmé Doug Ragan, spécialiste de l’enfance et de la jeunesse à ONU-Habitat — et je souscris totalement à cette opinion — les jeunes sont le meilleur atout de l’Afrique et l’avenir du continent dépend d’eux.

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