Publié sur Opinions

28 mars 2022 : De retour du Sénégal et du Maroc

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De retour d’un voyage officiel qui m'a conduit la semaine dernière au Sénégal et au Maroc, je souhaiterais partager avec vous un bref compte rendu de cette mission.

J’ai eu le plaisir de prendre part à l’ouverture du Forum mondial de l’eau à Dakar, mais aussi de participer, dans les deux pays, à des réunions et des activités qui ont embrassé un large éventail d’enjeux, de la montée de la fragilité dans le monde à la sécurité hydrique, en passant par la transition énergétique, la numérisation, les technologies financières ou encore l’éducation.

 

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Au Sénégal

Je me félicite d'avoir pu prendre part à l’ouverture du 9e Forum mondial de l’eau, qui se réunissait pour la première fois en Afrique subsaharienne. Organisé sous l’égide du chef de l’État sénégalais, Macky Sall, cet événement a rassemblé également les présidents de la Mauritanie, de l’Éthiopie, de la République du Congo et de la Guinée-Bissau, aux côtés d’un grand nombre d’autres hauts responsables et délégués du monde entier. Dans une récente tribune cosignée avec Macky Sall et dans mon allocution (a) à l’ouverture du Forum, j’ai mis l'accent sur la crise de l’eau, en insistant sur l’importance de la sécurité hydrique et de la coopération transfrontalière pour le développement et la paix. La Banque mondiale s’emploie activement à améliorer la gestion des ressources en eau au Sénégal et ailleurs.

 

 

En marge du Forum, je me suis entretenu avec le président mauritanien Mohamed Cheikh El Ghazouani (a). Nos échanges ont notamment porté sur la situation difficile au Sahel et sur les conséquences de l’augmentation des dépenses de sécurité, qui prive de ressources des services essentiels, ainsi que sur notre soutien à la Mauritanie.

Ma deuxième journée au Sénégal a d'abord été consacrée à plusieurs visites sur des sites de projets financés par le Groupe de la Banque mondiale. Je me suis rendu sur le chantier du système de bus rapides BRT de Dakar, un projet qui fournira un moyen de transport fiable, abordable et écologique à 300 000 passagers chaque jour et qui permettra de réduire les temps de trajet et de rapprocher les travailleurs des emplois.

J’ai également eu le plaisir de visiter un fournisseur de services internet qui a bénéficié des réformes institutionnelles entreprises par le Sénégal avec le soutien des prêts à l’appui des politiques de développement fournis par le Groupe de la Banque mondiale.

La journée s'est poursuivie par une table ronde avec des acteurs du secteur privé et des représentants du secteur public, dont notamment les entreprises Orange et Wave et la banque centrale. Nous sommes revenus sur les succès des entreprises de la fintech, qui sont parvenues à surmonter les barrières à l'entrée sur le marché et ont largement contribué à faciliter l’accès d’une grande partie de la population sénégalaise aux plateformes de paiement numérique. Il a également été question d’un certain nombre de difficultés techniques et des solutions pour y remédier, comme par exemple la coexistence de deux systèmes d’identification dans le pays, qui constitue un facteur d’exclusion et un frein à la numérisation.

 

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Mon séjour au Sénégal s’est conclu par une rencontre bilatérale avec le président Macky Sall (a), suivie d’une conférence de presse conjointe. Lors de cette entrevue, nous avons évoqué les conséquences de la guerre en Ukraine sur l’énergie, les prix des denrées alimentaires et des engrais, et la situation budgétaire du Sénégal. J’ai insisté sur l’importance d’accroître fortement les approvisionnements mondiaux, de favoriser l’accès aux marchés, de réduire les obstacles aux échanges en Afrique et de bien doser les interventions publiques, en privilégiant notamment un soutien ciblé, plutôt que le recours à des mesures de plafonnement des prix et à des subventions généralisées. Nous avons également discuté des questions énergétiques, du Sahel et des répercussions de la montée de l’insécurité dans un certain nombre de pays.

Au Maroc

À Rabat, j’ai eu des conversations fécondes avec le chef du gouvernement marocain Aziz Akhannouch et la ministre de l’Économie et des Finances Nadia Fettah Alaoui sur les conséquences de la guerre en Ukraine pour le Maroc, en particulier en ce qui concerne les prix des denrées alimentaires, des engrais et de l’énergie, dans un contexte aggravé par une sécheresse historique. Nos échanges ont porté sur les réformes importantes qui peuvent enclencher un nouveau processus de croissance tiré par le secteur privé, et j’ai souligné l’importance vitale de l’accès aux marchés et d’une hausse de l’offre à l’échelle mondiale.

 

 

J’ai également eu la chance de m’entretenir directement avec des représentants du secteur privé, qui ont confirmé la nécessité pour le gouvernement d'agir davantage pour améliorer le capital humain et créer l’espace et la réglementation nécessaires à une concurrence réelle.

 

Sur le chemin entre Rabat et l’aéroport de Casablanca, j’ai visité une école maternelle gérée par la Fondation marocaine pour la promotion de l'enseignement préscolaire (FMPS). Cette association offre un cadre pédagogique garant d’une éducation de qualité dans les années déterminantes de la petite enfance. La FMPS compte déjà 200 000 jeunes élèves et se développe rapidement. Ce modèle fait appel à des ONG indépendantes recrutées et évaluées par le ministère pour assurer la systématisation et la généralisation des enseignements préscolaires, et j’ai pu constater combien il est fructueux et apprécié.

 

 

J’adresse mes remerciements à tous ceux qui, au sein de notre Groupe et parmi nos partenaires, ont contribué à l’organisation de cette mission.

 

Ce billet a initialement été publié sur LinkedIn. 


Auteurs

David Malpass

Ancien président du Groupe de la Banque mondiale

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