Les perspectives économiques mondiales en cinq graphiques

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Un homme porant un masque dans une rue animée. Perspectives économiques mondiales de la Banque mondiale pour 2022.  Photo : Victor Idrogo/Banque mondiale
Perspectives économiques mondiales de la Banque mondiale pour 2022. Photo : Victor Idrogo/Banque mondiale

Après un rebond estimé à 5,5 % en 2021, la croissance mondiale devrait nettement marquer le pas, pour s'établir à 4,1 % en 2022, dans un contexte de recrudescences de la COVID-19, de réduction des mesures de soutien budgétaire et de problèmes d'approvisionnement persistants.

Dans les économies avancées, les chiffres de la production et de l’investissement devraient renouer l'année prochaine avec leurs niveaux d'avant la pandémie. Mais ils resteront en deçà des tendances pré-COVID dans les marchés émergents et les économies en développement, pénalisés par des taux de vaccination moins élevés, le resserrement des politiques budgétaires et monétaires, et un impact de la pandémie plus durable.

Les perspectives mondiales sont exposées à de multiples risques de dégradation : perturbations économiques simultanées à la suite du variant Omicron, problèmes d’approvisionnement persistants, désancrage des anticipations d’inflation, tensions financières, catastrophes climatiques et essoufflement des moteurs de la croissance à long terme. Les économies émergentes et en développement manquant de marge d'action pour poursuivre leur soutien budgétaire si nécessaire, ces risques baissiers accentuent la menace d’un atterrissage brutal.

Une situation qui souligne l’importance d’une coopération mondiale accrue pour favoriser une distribution rapide et efficace des vaccins, ajuster les politiques sanitaires et économiques, renforcer la viabilité de la dette dans les pays les plus pauvres et remédier aux coûts grandissants du changement climatique.
 

1. La croissance mondiale devrait marquer le pas en 2022 et 2023.
 

Contributions des grandes économies à la croissance mondiale
 
Contributions des grandes économies à la croissance mondiale
Note : Le graphique montre les contributions aux prévisions de croissance mondiale pour 2021-2023, comparées aux contributions moyennes sur la période 2015-19 (première barre). Les agrégats sont calculés sur la base de pondérations du PIB réel en dollars aux prix et taux de change moyens du marché sur la période 2010-19. Les parties grisées correspondent à des prévisions.

La croissance mondiale va connaître un net ralentissement dans un contexte marqué par le fléchissement du redémarrage initial de la consommation et des investissements et par le retrait des mesures de soutien macroéconomique. Le ralentissement mondial anticipé sur la période de prévision est principalement imputable aux grandes économies, ce qui aura aussi une incidence sur la demande dans les marchés émergents et les économies en développement. 
 

2. La reprise sera plus faible dans les économies émergentes et en développement que dans les économies avancées.  
 

Écart de production par rapport aux tendances pré-COVID

Écart de production par rapport aux tendances pré-COVID

Source : Banque mondiale.
Note : EMDE = marchés émergents et économies en développement. Le graphique fait apparaître les écarts entre les projections les plus récentes et les prévisions publiées dans l’édition de janvier 2020 des Perspectives économiques mondiales. En ce qui concerne la variation pour 2023, on étend la valeur de référence de janvier 2020 en utilisant la croissance prévue pour 2022. Les agrégats sont calculés sur la base de pondérations du PIB réel en dollars aux prix et taux de change moyens du marché sur la période 2010-19. Les parties grisées correspondent à des prévisions.

Contrairement à la reprise observée dans les économies avancées, la pandémie laissera des séquelles importantes sur les performances de la plupart des marchés émergents et des économies en développement : dans ces pays, les trajectoires de croissance en 2022-23 ne seront pas suffisamment soutenues pour rétablir les niveaux de production et d’investissement aux tendances pré-COVID.
 

3. Après une remontée inattendue en 2021, l’inflation mondiale devrait rester élevée cette année.
 

Prévisions d’inflation
 
Prévisions d’inflation
Sources : Consensus Economics et Banque mondiale.
Note : Le graphique montre les prévisions d'inflation médiane (selon l’indice des prix à la consommation) pour 2021-22 en fonction des enquêtes effectuées en décembre 2021 et mai 2021 dans 32 économies avancées et 50 économies émergentes et en développement. Les parties grisées correspondent à des prévisions.

Le rebond de l'activité mondiale, conjugué aux perturbations de l’offre et à l’augmentation des cours des produits alimentaires et énergétiques, entraîne l’inflation globale à la hausse dans de nombreux pays. Plus de la moitié des économies émergentes et en développement qui disposent d’objectifs en matière de maîtrise de l’inflation ont enregistré des hausses de prix supérieures à leurs cibles en 2021, ce qui a amené les banques centrales à relever les taux directeurs. Selon les prévisions consensuelles des analystes, l’inflation moyenne mondiale devrait rester élevée en 2022.
 

4. Les graves perturbations économiques causées par une propagation rapide et simultanée du variant Omicron font peser un risque majeur sur la croissance à court terme.
 

Scénarios de croissance en fonction du variant Omicron pour 2022

Scénarios de croissance en fonction du variant Omicron pour 2022
Sources : Oxford Economics et Banque mondiale.
Note : AE = économies avancées ; EMDE = marchés émergents et économies en développement. Les lignes jaunes indiquent les prévisions de croissance selon un scénario pessimiste dans lequel les économies (18 économies avancées et 22 économies émergentes et en développement) sont confrontées à des chocs épidémiques dont l’ampleur est réduite à hauteur d’entre un dixième et deux dixièmes par rapport à ceux enregistrés au premier semestre de 2020.

Le ralentissement de la croissance mondiale entre 2021 et 2022 pourrait être plus prononcé qu’anticipé si la propagation rapide du variant Omicron vient submerger les systèmes de santé et conduit les autorités des grandes économies à réimposer des mesures drastiques de lutte contre la pandémie. Les perturbations économiques dues au variant Omicron risquent ainsi d’amputer encore davantage la croissance mondiale — dans une fourchette allant de 0,2 à 0,7 point de pourcentage en fonction des hypothèses sous-jacentes. Ces turbulences risquent d’aggraver les goulets d’étranglement au niveau des chaînes d’approvisionnement et accentuer les pressions inflationnistes.
 

5. Une coopération mondiale et des politiques nationales efficaces seront nécessaires pour faire face aux coûts importants des catastrophes météorologiques et climatiques.

Pertes économiques dues à des catastrophes météorologiques et climatiques

Pertes économiques dues à des catastrophes météorologiques et climatiques
Sources : Base de données EM-DAT (a) du Centre de recherche sur l'épidémiologie des catastrophes (CRED) de l'Université catholique de Louvain et Banque mondiale.
Note : EMDE = marchés émergents et économies en développement. Le graphique représente la somme de tous les dommages et pertes économiques directement ou indirectement liés aux aléas météorologiques, climatiques et hydriques. Les aléas se rapportent à des événements naturels, géophysiques, météorologiques, climatologiques, hydrologiques et biologiques.

La dynamique de reprise dans les économies émergentes et en développement est menacée par la survenue de catastrophes naturelles et d'événements climatiques graves. Une coopération mondiale est nécessaire pour accélérer les progrès en direction des objectifs de l’accord de Paris sur le climat et réduire les coûts économiques, sanitaires et sociaux du changement climatique, sachant que les populations vulnérables en paient le tribut le plus lourd.

La communauté internationale peut également apporter son aide en intensifiant les efforts sur l'adaptation au changement climatique, en augmentant les investissements écologiques et en facilitant la transition vers une énergie verte dans de nombreuses économies émergentes et en développement. Les pays peuvent par ailleurs orienter leurs politiques de manière à promouvoir les investissements dans les énergies renouvelables et les infrastructures et à favoriser le développement technologique. En outre, les décideurs publics peuvent privilégier les réformes qui soutiennent la croissance tout en améliorant la préparation aux futures crises climatiques.

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