Notre bilan des douze derniers mois : une mission plus urgente que jamais

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Alors que notre exercice budgétaire 2020 vient de prendre fin, j'ai adressé un message à l'ensemble des personnels du Groupe de la Banque mondiale afin de saluer les efforts extraordinaires qu'ils ont accomplis pour faire face à la crise du coronavirus (COVID-19), aux côtés des pays dans lesquels nous nous engageons et de leurs populations. Je partage ici ce message, à l'intention de toutes celles et ceux qui s'intéressent à notre action.

Chers collègues,

À la suite de notre réunion générale de ce matin, je souhaiterais vous exprimer toute ma gratitude pour votre ardeur au travail et votre engagement tout au long de l’exercice qui vient de s'achever. Au cours des derniers mois, nos pays clients ont été confrontés à des défis d’une ampleur sans précédent. Aux crises sanitaire et économique provoquées par la pandémie de COVID-19 (coronavirus) est venue s'ajouter une invasion de criquets pèlerins en Afrique de l’Est qui menace de famine des millions d’habitants, dans un contexte marqué par l’alourdissement des dettes publiques et le creusement des inégalités, sans oublier les événements de ces dernières semaines qui appellent à agir davantage contre le racisme dans nos sociétés. Notre mission consiste avant tout à réduire la pauvreté et à accompagner les efforts déployés par les pays pour améliorer les revenus et les niveaux de vie de tous. Elle est, dans ces circonstances, plus urgente que jamais. 

La crise du coronavirus risque d’annuler en grande partie les avancées accomplies sur le front du développement ces dernières années et de faire retomber dans la pauvreté des centaines de millions de personnes. Elle a obligé les pays à prendre des mesures rapides et vigoureuses pour faire face aux graves perturbations infligées à leurs systèmes de santé, à leurs économies et aux moyens de subsistance de leurs populations. Je me félicite de la réponse du Groupe de la Banque mondiale, qui s’est mobilisé sans tarder afin de fournir aux pays un appui urgent pour réduire au maximum les pertes en vies humaines, atténuer leurs graves difficultés économiques, préserver des progrès obtenus de haute lutte et protéger les plus pauvres et vulnérables. Nous avons poursuivi nos activités dans ce contexte difficile, en télétravail pour la plupart d'entre nous et en nous efforçant de concilier vie professionnelle, obligations familiales et autres exigences en cette période éprouvante. 

Dès le mois de mai, nous avons franchi un cap important en étendant notre appui d’urgence à 100 pays représentant 70 % de la population mondiale. De même, IFC et la MIGA ont apporté un soutien vital au secteur privé dans les pays en développement, en faveur en particulier de secteurs d'activité vulnérables, tout en aidant leurs établissements financiers à poursuivre leurs prêts aux entreprises locales. 

En collaboration avec le FMI, nous avons appelé les créanciers bilatéraux à suspendre les paiements au titre du remboursement de la dette pour les pays IDA. En avril, les dirigeants du G20 ont convenu de prendre part à l’effort d'allègement de la dette dans le cadre d’une nouvelle initiative prévoyant un moratoire sur la dette bilatérale à compter du 1er mai 2020. L’Initiative de suspension du service de la dette ouvre par ailleurs la voie à des mesures de renforcement de la soutenabilité et de la transparence de la dette qui n’ont que trop tardé. Grâce à un large travail collectif au sein de notre Groupe, nous avons été en mesure d’apporter une pierre importante à l’édifice de la transparence, avec le lancement notamment d’un site web présentant les projections des paiements annuels au titre du service de la dette et par créancier des 73 pays admis à bénéficier de l’Initiative. Assurer la transparence de tous les engagements financiers et investissements publics est une étape cruciale pour instaurer un climat d'investissement attractif, et c’est un enjeu qui pourrait faire l’objet cette année d’avancées considérables au profit des populations des pays en développement. 

Au-delà des besoins immédiats liés à la crise sanitaire, nous nous attachons actuellement à aider les pays à rouvrir leur économie, rétablir les emplois et les services, et poser les bases d’une reprise sobre en carbone et résiliente. Nous aidons les pays à développer leurs filets de protection sociale, en soutenant notamment le versement d’allocations monétaires en mains propres ou par voie électronique pour permettre aux pouvoirs publics d’être en mesure d'accompagner efficacement les ménages les plus vulnérables à l’aide d’un appui crucial. Nous collaborons également avec les gouvernements pour démanteler ou réorienter les subventions aux combustibles, coûteuses et néfastes pour l’environnement, et réduire les entraves à la circulation des produits alimentaires et des fournitures médicales. 

La 19e reconstitution des ressources de l’IDA (IDA-19) a permis d’obtenir, en décembre 2019, une enveloppe de financements de 82 milliards de dollars destinée aux 76 pays les plus pauvres du monde. Dans le cadre d’IDA-19, nous amplifions notre soutien en direction des pays en situation de fragilité, de conflit et de violence (FCV). 

Pour étayer notre mission, nous nous sommes engagés à renforcer considérablement notre présence dans le monde et à nous rapprocher de nos clients et de nos projets sur le terrain. Lancée en février 2020, la toute première stratégie du Groupe de la Banque mondiale pour les pays FCV repose sur plusieurs décennies d’expérience dans des environnements fragiles, ainsi que sur les milliers d’avis recueillis auprès de parties prenantes dans près de 100 pays. En matière de lutte contre le changement climatique, nous devrions avoir dépassé, pour la troisième année consécutive, notre objectif de financements ayant des effets positifs sur le climat. Par ailleurs, nous nous sommes fixé une nouvelle cible mondiale en matière d’éducation : réduire au moins de moitié la pauvreté des apprentissages à l’horizon 2030. Il s’agit de doter tous les enfants des compétences nécessaires pour réussir et réaliser leur potentiel à l’âge adulte. Alors que 1,5 milliard d’élèves ont été privés d’enseignements en classe en raison de la crise du coronavirus, il est plus que jamais fondamental de poursuivre nos efforts dans cette direction. 

Grâce au levier que constituent les nouvelles technologies numériques, nous élargissons l’accès aux services financiers, en particulier en faveur des femmes et des autres groupes vulnérables, et nous aidons les États à accroître l’efficacité des services publics, notamment par le biais de programmes de protection sociale transformateurs. Nous aidons aussi les femmes à réaliser pleinement leur potentiel économique. Au mois de février, j’étais à Dubaï pour ouvrir le sommet régional de l’initiative We-Fi. Sous l’égide du Groupe de la Banque mondiale, cette initiative s’attache à éliminer les obstacles réglementaires et juridiques auxquels se heurtent les femmes entrepreneures et à favoriser leur réussite en facilitant leur accès aux financements, aux marchés et aux réseaux. Dans ses opérations, le Groupe de la Banque mondiale met également l’accent sur le renforcement de la voix et de la capacité des femmes à agir dans leur communauté, sur le soutien à la scolarisation et à l’apprentissage des filles et sur la promotion de soins de santé maternelle et infantile de qualité. 

Au cours de l’année écoulée, nous avons œuvré davantage pour aider les pays à renforcer leur secteur privé, sachant qu’il s’agit d’une condition indispensable à la création d’emplois et à la croissance économique. IFC a bien avancé le processus d’augmentation de son capital et mis en place un programme d’urgence face à la pandémie pour aider ses clients à protéger les emplois et à poursuivre leurs activités pendant la crise. La MIGA, elle aussi, a réagi rapidement, en réorientant ses efforts pour permettre l'achat d’équipements médicaux d’urgence, apporter des liquidités aux petites, moyennes et grandes entreprises et aux particuliers, et répondre aux besoins de financement à court terme des gouvernements. Avec, à la manœuvre, son nouveau vice-président exécutif, Hiroshi Matano, qui nous a rejoints en novembre 2019. 

Le CIRDI s’est également mobilisé pour passer immédiatement et intégralement en mode virtuel dès notre passage au télétravail en assurant le traitement des requêtes et la tenue des audiences à distance. Son soutien à l’appui du règlement des différends relatifs aux investissements lui a valu les appréciations élogieuses des parties qui y ont eu recours. Au cours de l'exercice écoulé, le CIRDI a par ailleurs consacré des efforts considérables à la réforme de ses procédures, qui devrait être finalisée et avalisée dans les prochains mois. 

Nous avons également procédé à une réorganisation qui entre en vigueur aujourd’hui et dont l’objectif est de placer la production de connaissances approfondies au centre de nos opérations et d’étayer notre action en matière de politiques de développement. Je me réjouis de collaborer sur ce programme commun avec une équipe dirigeante exceptionnellement solide. Cette année a été marquée par un renouvellement dans la direction du Groupe de la Banque mondiale, qui est venu renforcer notre institution aux plus hauts échelons de l’organigramme : Anshula Kant nous a ainsi rejoints comme directrice générale et directrice financière, de même que Mari Pangestu, au poste de directrice générale pour les politiques de développement et les partenariats, et Hiroshi Matano, à la direction de la MIGA, tandis qu’Axel van Trotsenburg a été nommé directeur général des opérations à la suite du départ de Kristalina Georgieva au FMI. Plusieurs changements sont en outre intervenus à la tête de nos vice-présidences, avec huit nominations et quatre rotations : Carmen Reinhart (Économiste en chef), Mouhamadou Diagne (Intégrité), Annette Dixon (Ressources humaines), Anna Bjerde (Europe et Asie centrale), Ousmane Diagana (Afrique de l’Ouest et centrale), Hafez Ghanem (Afrique de l’Est et australe), Felipe Jaramillo (Amérique latine et Caraïbes), Mamta Murthi (Développement humain), Juergen Voegele (Développement durable), Chris Stephens (Conseilleur juridique, IFC), Alfonso García Mora (Asie et Pacifique, IFC) et Ethiopis Tafara (Gestion du risque et Services juridiques et administratifs, MIGA). 

Dans la première moitié de l’exercice, j’ai pu me rendre dans un certain nombre de pays donateurs ou clients : le Japon à l’occasion du G20, le Royaume-Uni, dans le cadre du UK-Africa Investment Summit, la France pour le rendez-vous du G7, mais aussi l’Allemagne, le Canada, l’Inde, le Pakistan, l’Ukraine, la Chine, le Mexique, Bahreïn et les Émirats arabes unis. Comme la plupart d'entre vous, je télétravaille depuis ces derniers mois, mais j’ai été en mesure de poursuivre ma collaboration et mes réunions virtuellement avec nombre de dirigeants gouvernementaux et de partenaires. 

Rien de ce que nous avons réalisé ces douze derniers mois n’aurait été possible sans vous, sans votre passion et votre dévouement. Remarquables en temps normal, les efforts que vous avez collectivement accomplis cette année le sont d'autant plus qu’il vous a fallu vous adapter aux écueils du télétravail. Comme je l’ai indiqué lors de notre réunion générale, une grande majorité d’entre vous continuera de travailler à domicile au moins jusqu’au mois de septembre. 

Je tiens à vous dire toute ma reconnaissance pour l’engagement, l'ingéniosité et la souplesse dont vous faites preuve dans ces circonstances difficiles. Vous avez non seulement uni vos forces au service de nos clients, mais aussi pour vous entraider mutuellement. C’est pourquoi je suis convaincu qu’ensemble nous pourrons progresser dans la lutte contre le racisme et accompagner nos collègues en situation de souffrance psychologique et de stress du fait de la situation que nous traversons. Soyez assurés que l’ensemble de l’équipe dirigeante et moi-même nous efforcerons de vous soutenir encore davantage. 

Alors que les pays continuent de devoir face aux conséquences de la pandémie, nous restons mobilisés pour leur apporter l’appui et l’assistance dont ils ont besoin pour surmonter cette crise et bâtir une reprise durable et inclusive au profit de tous leurs habitants. 

Merci à toutes et à tous,

David

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