Un regain de solidarité pour protéger les personnes et investir en elles pendant la crise de COVID-19

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Alors que l’année 2020 touche à sa fin, il est plus important que jamais d’investir dans les personnes, car nous voyons l'impact dévastateur de la COVID-19 sur les individus et les économies du monde entier. 

Un rapport récent de la Banque mondiale prévient qu'à la fin de cette année, 115 millions de personnes supplémentaires pourraient avoir basculé dans l'extrême pauvreté, c’est-à-dire qu’elles disposeraient désormais de moins de 1,90 dollar par jour pour vivre.  Les personnes les plus démunies et les plus vulnérables partout dans le monde souffrent de façon disproportionnée, car la pandémie met en péril leur santé, leur nutrition, leur éducation, leur sécurité et leur bien-être pour l'avenir.   Pour apporter une réponse efficace à cette situation, nous devons être soudés comme jamais auparavant, en atteignant un nouveau niveau d'action unifiée et concertée pour protéger les gains en capital humain durement acquis.

Pour de nombreux États, la priorité va à la protection de leurs populations et à l’investissement en elles

Un rapport d'étape du Projet sur le capital humain fait remarquer que de nombreux pays ont investi massivement dans les personnes avant et pendant la pandémie. S’il est vrai que des progrès encourageants ont été réalisés, il n’en demeure pas moins que beaucoup reste à faire, d'autant plus que la COVID-19 menace d'anéantir une décennie de progrès en matière de développement.

Dans le monde entier, un enfant né avant la période de la COVID-19 pourrait s'attendre à atteindre en moyenne seulement 56 % de sa productivité potentielle de travailleur futur.  Les pertes de productivité future sont particulièrement marquées dans les pays à revenu faible et intermédiaire, où les valeurs moyennes de l'indice de capital humain sont respectivement de 37 % et 52 %.

Dans les pays à faible revenu notamment, les défis associés au capital humain restent immenses  : 93 % seulement des enfants devraient survivre jusqu'à l'âge de 5 ans et 65 % seulement d'entre eux ne connaîtront pas de retard de croissance ; ils feront, en moyenne, 7,6 années de scolarisation, qui correspondra à 4,3 années en fonction de la qualité des apprentissages ; et seulement 75 % des jeunes de 15 ans vivront jusqu'à 60 ans, ce qui raccourcira la durée de vie de nombreux habitants des pays à faible revenu.

Ces défis sont amplifiés par le fardeau supplémentaire de la pandémie de COVID-19, qui souligne la nécessité d'investissements plus profonds dans l'éducation, la santé, les filets de sécurité sociale et dans de nombreux autres secteurs susceptibles de procurer des avantages en capital humain pour stimuler une reprise résiliente.

Et dans ces domaines, l'Association internationale de développement (IDA) a été la principale source internationale de financements pour la protection des personnes et l'investissement en elles, consentant chaque année des milliards de dollars pour venir en aide aux plus démunis.  En République démocratique du Congo, nous sommes fiers de soutenir l’instauration de l’enseignement primaire gratuit dans les régions les plus pauvres du pays. Au Niger, nous avons accompagné le pays dans ses efforts de réduction des inégalités entre les sexes, volet essentiel de sa stratégie de développement social et de transition démographique. Les transferts monétaires sont intensifiés par l'intermédiaire de l'IDA dans de nombreux pays du monde, dont le Cambodge, l'Éthiopie, Madagascar, le Mozambique et le Soudan.  Certains pays, y compris le Honduras, mettent à contribution les nouveaux registres sociaux pour mieux atteindre les personnes qui sont dans le besoin. Au Myanmar, l'IDA a aidé à électrifier plus de 20 000 établissements publics, en ciblant surtout les écoles et les dispensaires.

Notre partenariat avec les pays à revenu intermédiaire par le biais de la BIRD aide les pays à renforcer leurs systèmes et à repenser la prestation de services pour de meilleurs résultats. Par exemple, l'Égypte procède à l’expérimentation d’une assurance maladie universelle, avec une protection financière temporaire pour les plus vulnérables. Les transferts monétaires connaissent un essor dans de nombreux pays – les programmes de protection sociale aux Philippines, au Pérou, en Serbie et en Bolivie couvrent plus de la moitié de la population de ces pays.

La pandémie appelle à un nouveau niveau d'action unifiée et concertée

Les exemples exaltants de pays qui s'efforcent de préserver leurs budgets, de définir les priorités et d'innover au niveau national ne manquent pas. Nous devons nous unir au niveau mondial, en tant que communauté internationale, animés d’un regain de solidarité autour de la manière dont nous nous attaquons à la pandémie  et, surtout, de la manière dont nous travaillons à prévenir ou à atténuer les crises futures. Tout comme la pandémie ne connaît pas de frontières, nos efforts pour la combattre — qu’il s’agisse d’une approche fondée sur la coopération pour le partage de fournitures essentielles telles que les vaccins, de l’intérêt porté partout dans le monde aux personnes sans emploi, aux malades ou à ceux qui ont faim — doivent atteindre un nouveau niveau d'action unifiée et concertée. La protection des personnes et de leur capital humain est la responsabilité de tous. Si manquons de le reconnaître, nous en subirons tous les conséquences pour les générations à venir.

« Nous devons nous unir au niveau mondial, en tant que communauté internationale, animés d’un regain de solidarité autour de la manière dont nous nous attaquons à la pandémie et, surtout, de la manière dont nous travaillons à prévenir ou à atténuer les crises futures. »

Nos Administrateurs ont récemment approuvé une enveloppe de non moins de 12 milliards de dollars pour aider les pays en développement à acheter et distribuer des vaccins, des tests et des traitements contre la COVID-19 pour leurs citoyens. Comme vous le savez, c’est une chose d’avoir des vaccins en usine, et ça en est une autre de les acheminer auprès de tous ceux qui en ont besoin, où qu’ils se trouvent et quels que soient leurs moyens. S'assurer que l'infrastructure du déploiement nécessaire – à l’instar de la chaîne du froid – est en place dans les différents pays sera une priorité. À cette fin, la Banque mondiale entreprend une évaluation de l'état de préparation avec les gouvernements et d'autres organisations multilatérales telles que l'OMS et l'UNICEF, afin de mettre en lumière les lacunes et de déterminer les mesures à prendre en conséquence.

Le financement de la Banque mondiale, qui vient compléter le mécanisme de COVAX dirigé par Gavi, la CEPI et l'OMS, aidera les pays à acheter et distribuer les vaccins contre la COVID-19.  Conjugués aux efforts de COVAX, cela pourrait couvrir au moins 20 % de la population des pays en développement, à titre de priorité immédiate. Nous aiderons également les pays à gérer en toute sécurité le transport des vaccins, les entrepôts frigorifiques et le dernier kilomètre d’acheminement aux plus vulnérables, y compris les personnes âgées et les agents de santé de première ligne.

Nous devons soutenir les pays comme jamais auparavant afin d’aider les gouvernements à faire de l’investissement dans les personnes une priorité

Ces efforts ne sont que quelques exemples parmi tant d'autres qui sont déployés pour mieux protéger et investir dans les personnes pendant la pandémie. Pour autant, si nous allons dans la bonne direction au niveau mondial, cela ne suffit pas dans une crise de cette ampleur.

Pour éviter tout impact supplémentaire sur les personnes, nous devons soutenir les pays comme jamais auparavant au moyen de financements, de renforcement des capacités et du partage des connaissances qui aideront les gouvernements à accorder la priorité aux investissements dans les personnes et à mettre en œuvre des réformes qui répondent aux besoins immédiats et à moyen terme. Nous devons le faire en particulier dans les pays à faible revenu et fragiles, et dans les pays à revenu intermédiaire qui abriteront un nombre croissant de personnes pauvres dotées d’un faible capital humain, des pays où les gains durement acquis sont les plus menacés.

J’ai la conviction qu'ensemble, nous pouvons nous remettre sur la bonne voie vers la réalisation des objectifs de développement durable et non seulement éviter de profondes pertes en capital humain pour une génération entière, mais aussi aider à améliorer leurs perspectives grâce à des systèmes plus solides et plus équitables à leur service. 


POUR EN SAVOIR PLUS

Le Groupe de la Banque mondiale et la pandémie de coronavirus (COVID-19)

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Amadoun Touré
14 février 2021

En Afrique quelques soit les problèmes , c'est les plus pauvres qui souvrent car les dirigeants ne font pas ce qu'ils doivent faire surtout en ce moment de coronavuris je suis vraiment enquiet pour la suite. les projets sont financés par la banque mondiale mais ne sont pas exécutés comme cela ce doit