Acceptation des vaccins COVID-19 en République du Congo : de l'intention à l'action

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Acceptation des vaccins COVID-19 en République du Congo : de l'intention à l'action Acceptance of COVID-19 vaccines in the Republic of Congo.

La République du Congo a lancé la campagne de vaccination contre le COVID-19 le 25 mars 2021, avec l'intention de vacciner 60% de la population en utilisant tous les vaccins disponibles (Sinopharm, Spoutnik V, Spoutnik Light, Johnson and Johnson, et Pfizer). Pour booster le taux de vaccination, le 18 octobre 2021, le Gouvernement a lancé une opération spéciale intitulée « Opération Coup de Point » (OCP) qui visait à vacciner 750 000 personnes supplémentaires (à partir de 15 ans) en 45 jours (soit 13 % de la population ciblée). Au 25 avril 2022, 11,28 % de la population était entièrement vaccinée.

Le pays a connu plusieurs pics de cas de COVID-19 depuis mars 2020 et au 25 avril, le pays compte 24 017 cas vérifiés, dont 35 cas actifs et 385 décès (soit un taux de létalité de 1,6 %). Depuis septembre 2020, le gouvernement a commencé à surveiller les effets de la pandémie en menant des enquêtes téléphoniques mensuelles auprès des ménages (HFPS).

Avec l'assouplissement des mesures restrictives contre la COVID-19, le respect des mesures barrières (port du masque et distanciation sociale) a diminué.

Au début de la pandémie, le gouvernement a mis en place plusieurs mesures de restrictives dont un confinement strict de deux mois. En décembre 2020, alors que le nombre de cas de Covid-19 a commencé à baisser et que les mesures ont été assouplies, le port de masque et la distanciation sociale sont devenus moins fréquents au sein de la population. En février 2021, 57 % des personnes déclaraient toujours porter un masque en public, contre 86 % en décembre 2020 ; 9 % des personnes ont déclaré ne pas pratiquer du tout la distanciation sociale en février 2021, et 52 % ont déclaré ne le faire qu'occasionnellement. Le faible respect de ces mesures a probablement créé un environnement plus propice à la propagation du coronavirus, rendant le succès de la campagne de vaccination encore plus critique pour prévenir de futures vagues de la pandémie dans le pays.


Graphique 1: Respect des mesures barrières COVID-19

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Respect des mesures barrières COVID-19

Source : Calcul de l'auteur basé sur les vagues 4 à 6 HFPS, INS 2020 et 2021
 

Malgré les campagnes de désinformation sur les réseaux sociaux au sujet de la pandémie et des vaccins, la plupart des personnes interrogées ont déclaré être prêtes à se faire vacciner.

Les enquêtes téléphoniques montrent un faible taux d'hésitation à la vaccination au Congo, avec plus de 80 % des chefs de ménage exprimant leur volonté de se faire vacciner avant même le début de la campagne de vaccination. Parmi les populations réticentes à la vaccination, les principales raisons ont évolué avec la propagation de diverses rumeurs autour de la recherche et du déploiement des vaccins dans les pays occidentaux. 


Graphique 2 : Acceptation du vaccin

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Acceptation du vaccin

Source : Calcul de l'auteur basé sur les vagues 3 à 6 HFPS, INS 2020 et 2021
 

De l'intention à l'action : La campagne de vaccination n'a pas décollé au Congo malgré la volonté de la population à se faire vacciner

Parallèlement à la volonté, la population montre également un niveau élevé de sensibilisation aux vaccins. En mai 2021, près de 9 chefs de ménage sur 10 interrogés avaient entendu parler des vaccins disponibles dans le pays et 8 sur 10 étaient disposés à se faire vacciner. Dans le même temps, seuls 12 % des ménages ont déclaré avoir au moins un membre ayant reçu au moins une dose de vaccin. 


Graphique 3 : Quelques faits sur la vaccination

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Quelques faits sur la vaccination

Source : Calcul de l'auteur basé sur la vague 7 HFPS, INS 2021
 

Bien que la proportion de la population entièrement vaccinée (au 25 avril 2022) ait doublé depuis le lancement de l'initiative OCP, le taux de vaccination reste faible. Ceci suggère que l'hésitation résiduelle à la vaccination pourrait expliquer l'incapacité de la plupart des gens à donner suite à leur intention déclarée de se faire vacciner. L'hésitation résiduelle et l'incapacité à donner suite pourraient s'expliquer en partie par un scepticisme non résolu quant à l'efficacité des vaccins. 

De plus, le respect décroissant des mesures barrières au fil du temps suggère que les gens sont de moins en moins inquiets de contracter le virus. La complaisance et le manque d'accès à la vaccination pourraient être des facteurs supplémentaires, malgré les efforts du gouvernement pour étendre l'accès avec des sites de vaccination mobiles et fixes supplémentaires, qui délivrent immédiatement des certificats de vaccination. 

Enfin, les preuves suggèrent qu'une faible confiance dans le système de santé pourrait contribuer à l'écart entre l'intention et l'action de la vaccination. Alors que le pays s'efforce d'utiliser les 2 millions de doses de vaccin actuellement disponibles avant leur expiration, des communications claires et cohérentes sont nécessaires sur la sécurité et la disponibilité des vaccins, et sur les risques persistants que pose le virus. Dans le même temps, l'accès aux vaccins doit être facile, universel et à un coût minimum pour les ménages en termes de temps et d'efforts. Des mesures efficaces dans ces directions aideront à combler le fossé entre les attitudes initiales de la population congolaise à l'égard de la vaccination et les résultats réels sur le terrain, afin que le pays puisse atteindre le taux de vaccination de 60 % visé par le gouvernement.


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